TEREBRATULA FURCILLATA T'heodori
(Fig. 9—10.)
De Buch Terebr. p. 63.
Nous avons devant nous deux formes de Térébratules provenant du troisième étage , dont l’une est non plissée, et pourrait bien n’être qu’une jeune forme de la T. Strogonovi d'Orb., qui, a été trouvée constamment avec des fossiles que nous connais-
sons aux environs de Moscou dans le troisième étage. L'autre forme appartient aux plissées, et sans contredit à la forme remarquable décrite : T. furcillata Theodori. Notre fossile présente les trois caractères principaux indiqués par de Bach dans la description de la forme mentionnée :
1°. Elle présente des plis de deux genres différents : les plus fins, nettement limités, ne sont distincts que sur les deux tiers supérieurs, et se perdent sur le tiers inférieur, ou apparaissent d’autres plis bien plus larges, arrondis, dont chacun comprend trois à quatre des plis supérieurs. Les intervalles entre les mférieurs, à peine concaves , sont recouverts d'autant de plis moins larges que le dos des plis mférieurs eux-mêmes.
2°, Ces deux genres de plis sont séparés réciproquement sur un de nos exemplaires par une ligne d’accroissement concentrique , de sorte que les plus fins se présentent presque exclusivement sur la plaque supérieure. Mais ceci, comme l'a déjà remarqué de Buch , n’est qu'un caractère accidentel : sur un autre individu, les plis passent insensiblement les uns aux autres.
3°. Notre fossile est très applai, ce qui constitue un caractère essentiel de la T. furcillata Theodori.
Quant aux autres caractères, les voic. Forme pentagonale ; bords cardinaux d’un quart plus longs que les trois autres, égaux entre eux ; angle cardimal presque droit, 81°, ouverture très-pette , ainsi que le delüdium à peme apparent; ligne aréale presque
nulle ; la petite oreillette passant à la dorsale sous une ligne arrondie. Du reste notre fossile un peu dérangé dans la forme, ne laisse pas distinctement apercevoir ces menus caractères. La venirale se relève faiblement sur la charnière, et acquiert le maximum de hauteur sur le tiers supérieur, d’où elle se continue presque sur une ligne horizontale jusqu’au front, d’où le bourrelet à peine ressortant présente cinq grands plis arrondis, ( de Buch en indique trois à quatre ); les côtés sont recouverts de quatre plis, dont le plus proche du front et le plus prononcé , est celui qui avoisine le bord cardinal le moins marqué. Valve dorsale un peu convexe à son üers supérieur et s’abaissent pour passer au sinus, dont le fond est plat et présente quatre plis.
Notre fossile serait donc une très légère variété, marquée par le nombre de plis sur le bourrelet, (T. furcillata var. quinqueplicata n ); de Buch en a indiqué deux autres (var. triplicata et quadriplicata ) Dimensions:
a. jeune: Longueur 7'/,. (fig. 9).
Largeur 8//.
Epaisseur (maximum au tiers supérieur)2°/,/.
b. adulte: Longueur 10°/,. (fig. 10).
Largeur 11°/,/.
Epaisseur (de notre exemplaire comprimé) 4.
Ce fossile intéressant par sa structure, l’est d'autant plus qu'il est, suivant l’autorilé très imposante de Buch, l’appanage exclusif du Lias supérieur.
Gis. et Local. Troisième étage à Gallovo, avec
l'Astarte cordiformis, les Ammonites carinés, les élégantes univalves, la Gryphaea dilatata et autres.
La T,. rimosa de Buch etla T. furcillata Theodori, comme l’a déjà remarqué avec sa sagacité ordinaire l’auteur classique sur les Térébratules, présentent par leur test un aspect tellement frappant et singulier, que dès le premier abord il est impossible de les confondre avec des formes voisines.
Aussi sommes-nous portés à former de ces deux fossiles un petit groupe séparé, sous le nom de Terabratulæ duplicatæ , d'autant plus, que les Plicosæ, sous lesquelles les a placés de Buch, sont déjà très nombreuses en elles-mêmes. Ainsi les Térébratules plissées de Fischer, ou plicatæ de Buch, comprendraient trois groupes : Plicosæ de Buch, Dichotomeæ de Buch, el un groupe intermédiaire entre eux, Duplicatæ n. Cette petite tribu, qui ne compte actuellement que deux espèces, présenterait les caractères suivants :
1°. Test recouvert de deux genres de plis différents. Les supérieurs les moins larges et le plus nettement limilés, augmentent du crochet au milieu de la valve , plutôt par intercalation que par subdivision. [ls augmentent tous très sensiblement en largeur en s'éloignant du crochet, et ce qui est encore remarquable, à deux ou trois plis égaux viennent s’en adosser un ou deux n'ayant que la moitié de largeur des précédents. Nous appellerions les premiers plis supérieurs principaux, et les seconds—plis supérieurs accessoires. Les inférieurs moins nettement limités, plus largement espacés, arrondis, embrassent deux (T. rimosa ) à quatre et cinq phs (T. furcil-
lata), et disparaissent à peu près sur le mieu du fossile,
2°. Le test est composé de filaments asbestoides, et ne présente pas de réseaux poreux, ordinaire dans les Térébratules non plissés. Ce groupe appartient donc aux fhynchonelles ( Voy. plus bas. ).
3°. Ce groupe est l'apanage exclusif du Lias, qui présente un aspect de faunes singuliers par plus d’un caractère tranché.
4. Les Duplicatæ forment un passage naturel des Plicosæ au Dichotomæ. Leur forme générale les a fait placer par de Buch dans les Pugnaceæ, mais elles se rapprochent encore des Dichotomeæ, par la dichotomie de leurs plis supérieurs, par leurs plis arrondis. La T. triplicata Phill., unit par ces stries faibles sur les grands plis (comme nous l’avons indiqués plus haut) les Duplicatæ aux Plicose.
5°. Gependant il est facile de disüinguer les Puplicatæ des Dichotomæ , en ce que ces derniers ont un deltidium sectens , et que leurs plis ne s’élargissent presque point en s’approchant du front, ce qu a lieu à un degré très marqué dans les Duplicatæ, dont le deltidium de plus est embrassant (deltidium amplectens ); les plis augmentant en nombre plutôt par intercalation que par dichotomie. Sur le front des Duplicatæ on compte moins de plis que sur le milieu, les supérieurs étant entièrement disparus ; dans les Dichotomæ au contraire le bord frontal présente plus de plis que le milieu.
Enfin passons à la charnière des Térébratules, que nous avons pu étudier sur une masse d'exemplaires.
De Buch dans son travail classique sur les Térebratules (*}) a déjà signalé le fait, que ces coquilles avaient la charnière très solide, et ne se trouvaient par celte raison que rarement en valves dépareillées. En effet leur charnière est plus compliquée que celle de toutes autres bivalves, et souvent tellement épaisse et solide, que dans les valves dépareillées et désagrégées par la fossilisation , la charnière se conserve encore ainsi que la portion du test qui lui est attachée; ce qui donne lieu à des formes bizarres, qu’on serait quelquefois porté à attribuer à tout autre corps (p. ex. à des Trilobites) qu'aux fossiles bivalves.
M'. de Blamville (**), Chemnitz ( ***), Sowerby WA) Fischer, de Waldheim ("7"), Pusch. ("Pol
(EE) ont étudié les charnières de différentes espèces.
M°. Owen a complété ces renseignements par l’anatomie complète de quelques espèces de Térébratules (*****###)
auxquelles viennent ajouter de précieux détails de Ver- Heliet ins, (TT)
(*) Abhand. d. Acad. zu Berlin aus den J. 1833. (**) Malacol pl. 51. f. 1. a.
(*** Conchyl. B. VIIL. t. 6. 78. f. 711.
(***) Genera of Schells. Mineral Conchyl.
({***#) Notice sur la charpente osseuse des térébratules etc. Oryctogr. p. 137...
(****#*) Polens Palaeontol.
(SX) Testacea utriusque Sicilæ V. II. p. XVI.
(*######*) Transact. of the Zolool. Soc. Vol. |. partie II. Annal. d. Sc. Nat. 1835. T. III. p. 52. sq.
(été) Russia etc. Il Terebratules
TEREBRATULA scABRA Éisch. Rouill. Bull. d. M. 1849. f. II. p-. 451.
A. Valve dorsale.
(Fis, Lil, Au)
On distingue dans la charnière de cette valve les parles suivantes :
a. Deux dents marginales. Elles commencent de l'ouverture même et se prolongent, en se rétrécissant, sur le bord de l’aréa, où elles se terminent un peu avant la dent cardinale supérieure. Elles entrent dans un sinus correspondant de la valve ventrale.
b. Deux dents dorsales supérieures. Ge sont deux petites apophyses, qui remontent de la surface intérieure de l'oreillette de l’aréa, et se dirigent en haut et en dedans parallèlement au bord de celle-c1. Leur bord libre est recouvert de petites lamelles parallèles à la longueur du test, qui entrant dans une cavité correspondante de la ventrale, rendent la charnière plus solide.
c. Deux dents dorsales inférieures. Elles commencent aux pieds des précédentes, et se dirigent obliquement vers l’intérieur, ou, formant une élévation arrondie elles se replient brusquement vers l’exiérieur, et passent insensiblement à la substance de la valve.
d. Dans l'angle formé par le coude de la dent inférieure est situé une dépression profonde, fossette cardinale inférieure ( fossa cardinalis inferior.
e. Deux fossettes articulaires supérieures, (cavitates
supra Cardinalis), creusées à la base de la partie supérieure de la dent supérieure, et destinées à loger la dent supérieure de la ventrale.
f. Fossette cardinale inférieure (cavitas infracardinalis, deux dépressions moms prononcées sur la limite de la dent supérieure et imférieure.
g. Impression inférieure ( impressio imfra-cardinalis }, impression irrégulière, au dessous et à l'extérieur des dents inférieures. On en voit de moins prononcés au dessus des dents cardinales ( impressio supra car-. dinalis).
Tous ces organes sont paires, placés par un de chaque côté.
h. Une arête dorsale, septum dorsal qui séparant vraisemblablement les deux animaux réunis sous le même test (de Buch}), fait qui est prouvé par la structure du test même, que le long de l’arète se disjomt souvent de lui même en deux parties parfaitement symétriques, de sorte qu’à parler strictement chaque Térébratule est composée de quatre valves, deux dorsales, et deux ventrales. Tous les caractères se laissent encore distinguer sur le moule intérieur des Térébratules.
B. Valve ventrale.
(Fig. 11. B.)
C’est surtout la charnière de cette valve avec son arète médiane faisant saillie sur le morceau des valves désagrégées , qui rappelle la partie céphalique des Trilobites.
On y distingue:
a. Un sternum, élévation en forme de disque subquadrangulaire, commencant du sommet de la valve et servant de base à toutes les autres parties de la charnière. Dans cette partie la valve a le plus d’épaisseur, trois ou quatre fois plus que la valve seule.
b. Canal marginal ( sulcus marginalis), logé sur la partie supérieure et latérale du sternum, et recevant la dent marginale de la valve perforée.
c. Fossette sunra-sternale, fossa supra sternalis, impression légère mais constante, impaire, au commencement du sternum, entre les deux canaux marginaux. Son intérêt physiologique nous est inconnu.
d. Cavité articulaire supérieure (cavitas articularis superior), fossette triangulaire, commençant à l’extrémité inférieure du canal marginal, et bordée à l’extérieur par le bord cardinal, et à l’intérieur par la dent ventrale supérieure. Elle est creusée de sillons transversaux qui reçoivent les lamelles de la dent dorsale supérieure.
e. Deux dents ventrales supérieures (dentes ventrales superiores) deux protubérances allongées et obtuses sur le sternum, à l’intérieur de la cavité susmentionnée. Jlles entrent dans la fossette articulaire supérieure de la dorsale.
f. Deux dents ventrales inférieures (dentes ventrales inferiores), deux protubérances obtuses à la partie latérale du sternum, et à l'intérieur et l’inférieur des dents précédentes. Elles entrent dans la fossette articulaire inférieure de la dorsale,
g. Fossette articulaire inférieure ( fossa articularis . inferior ) elle commence entre les deux dents de cha- A0» .
que côté, et se loge surtout en arrière de la dent inférieure.
h. Pl dentaire (plica dentalis). Commencant à la base de la dent supérieure, il se dirige en s’altérant vers le bord cardinal où il se perd.
i Arête longitudinale ( crista longitudinalis ). Elle commence au dessous de la fossette supra-sternale et se dirige sur le milieu du sternum, où sur son milieu, elle s’unit perpendiculairement.
k. Arête transversale, qui unit les deux dents infé-
rieures.
L. Fossette sternale (fossa sternalis) une de chaque côté de l’arête longitudinale.
m. Protubérance sternule (tuberculus sternalis ), à la partie mférieure du sternum, entre les deux dents inférieures , et séparée de ces trois organes par un sinus circulaire, irrégulier ainsi que de :
n. la cloison ventrale ou apophyse médiane Owen ( setum ventrale . Tous ces organes à l'œil nu sont paires, à l'exception de la fossette sternale , de l’arête sternale longitudinale de la protubérance sternale et de l’arête ventrale, qui dans l'origine s’est formées par la réunion de deux éléments symmétriques.
Les éléments anatomiques se dessinent souvent sur le moule.