S. Bernard., Serm. 85 (alias 49, inter parvos
DU COiNClLE DE PÉIUGUEUX. 31
« action sur les coupables ne serait pas éternelle. Prévoyant ces « vaines pensées, le Seigneur, avec Tautorité souveraine qui lu! ap- « partient, conclut ainsi la sentence prononcée contre les méchants : (( Ctux-ci iront au supplice étemel du feu , et les jtistes danê h (( vie étemelle. Le supplice du feu sera donc éternel comme le « feu *. »
« YI. Et pour ce qui est des opinions diverses des sociétés humaines, de leurs lois, de leura institutions, nous déclarons hautement ne jamais les prendre pour règle de noire croyance, de notre conduite et de notre enseignement dans l'ordre des choses divines ; car c'est à nous qu'il a été dit : Prenez garde de ne pas vous conformer aux maximes du siècle *, Notre fondement à nous, notre loi, notre règle, c'est la parole de Celui qui a dit : Le ciel et la terre passeront^ mais mes paroles ne passeront point '.
« C'est pourquoi nous exhortons de tout notre pouvoir, et nous avertissons les pasteurs des âmes et les prédicateui-s de l'Évangile de ne pas négliger d'entretenir de temps en temps les fidèles de la suprême et inamissible félicité des bienheureux dans le ciel, ainsi que de la grandeur et de l'éternité des peines réservées aux damnés dans l'enfer ; qu'ils aient soin d'exposer, selon la saine doctrine des Pères, ces dogmes d'un si haut intérêt, et de les venger des vains sophismes d'une sagesse mondaine et d'une science qui ne mérite pas ce nom.
« VU. Et toute cette doctrine que nous venons d'exposer sur les châtiments éternels des réprouvés dans l'enfer, nous la tenons et nous l'embrassons comme entièrement révélée de Dieu, transmise par les saints Pères, admise par les catholiques en tout temps et en tout lieu, dépassant, il est vrai, notre portée et impénétrable à la raison de l'homme^ mais très-véritable et absolument certaine; nous tenons de plus qu'elle eàt très-sainte, très-pieuse, conforme à la miséricorde,' loin d'être opposée à la justice ; nous la croyons de cœur et nous la professons de bouche *, et nous l'enseignons avec autorité, selon le pouvoir qui nous en a été divinement donné. Enfin nous déclarons que, quand bien même non-seulement un homme ou le monde entier, mais, par impossible, un ange du ciel enseignerait une doctrine contraire 8, la nôtre doit demeurer pour tous les chrétiens l'objet d'une
1» Aug., Lib. de fid» et oper., cap. Xxv.