‹ Terre latineChapitre 2 sur 82 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

s'éveille à la bataille, et sans sortir de ses soucis d'artiste, décoche la flèche mortelle.

£\j//; comme lui, ne sait aiguiser et empoisonner le trait, et lui donner je ne sais quoi qui le fait pénétrer au point qu'on ne saurait plus le retirer. Teut-être regrette-t-il parfois, lui-même, d'avoir enfoncé la pointe aussi profondément et causé de pareilles blessures. Car, au fond, il est naturellement aimable, possédé du désir de plaire, apportant dans ses relations une coquetterie presque féminine. Il aime à se montrer là où il excelle, dans son rôle de sagittaire; et pourtant il lui en coûte de se créer des ennemis. Que ne peut-il témoigner de son art et de sa malice endiablée sans susciter des hostilités ?

Ici, du moins, dans Terre latine, les agressions sont rares. C'est aux dépens de quelques-uns seulement que zM. Tailhade a exercé ses facultés maîtresses. Teut-être ceux-là ne se plaindront-ils pas outre mesure, car ils ont été traités avec une modération relative.

C'est d'une ironie très particulière qu'use zM. Tailhade, lequel, dans ses manifestations, fait songer un peu à 'Barbey d'oAurevilly. Celui-ci était doué d'un esprit infernal, mais dans la forme ne rappelait ni Voltaire, ni les ironistes du xvi I Ie siècle. Tas de coups d'épingle dissimulés che\ l'auteur de Basbleus, mais le coup vigoureux, le mot à l'emporte-

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