IV PRÉFACE
plus sonore mille fois que les oraisons de Cicéron. T^ien n'égale en effet, en vibrations musicales, le :
In exitu Israël de vîgypto,
Domus Jacob de populo barbaro...
et presque tout le psautier des Églises. On conçoit que éM. Tailhade, obéissant du reste à son tempérament, ait tout particulièrement aimé ce qui est né de la vieille version biblique, et cette version elle-même, qu'il ait cultivé toute cette littérature ecclésiastique, qu'il se soit même parfois ingénié lui-même à écrire dans ce latin ardent, où les mots sonnent si bien et où l'on peut poser au bout du vers de si belles rimes. J'ai révélé un peu les préparations et les procédés de zM. Tailhade. Ce qui rend ses pages tout spécialement piquantes et qui leur donne tant d'allure, c'est qu'on y retrouve les vieux mots appliqués aux faits nouveaux, aux événements du jour. Qu'un bourgeois grotesque se manifeste, ou un méchant politicien, ou un ennemi d'idées, ou un muffle de lettres, — race, hélas ! innombrable comme le sable de la mer, et infinie en ses variétés, — zM. Tailhade l'apostrophe avec son vieux latin, dans lequel il y a pas mal de latin d'Église. Tel mot terrible, adressé à zM. de Cassagnac, est tiré d'une hymne ou d'une prose rimée