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Terre-Neuve [microforme]

La colonie de Terre-Neuve, bien qu’elle soit la plus ancienne et la plus voisine de l'Angleterre; ‘est peut-être encore aujourd’hui, de toutes les colonies anbläises, celle qui est la plus mal connue, malgré les facilités qu’on'à pour la visiter, depuis l’établissement des lignes régulières'äe steamers entre l’Europe et l'Amérique du Nord. Ce n’est plus, comme il y a quelques années, une ‘erra incognita ; mais «est une contrée au sujet de laquelle ont cours les idées les plus erronées. Le travail de M. E. Hepple Hart nous montre que Terre-Neuve n’a pas un ciel toujours couvert de nuages énais, où la neige n’est remplacée que parle brouillard ; ce n’est pasnon plus un Gibraltar humide, lugubre, ruisselant d’eau, infecté par l’odeur de poisson et d'huile, et que peuvent habiter seulement des chasseurs de morses ou des pêcheurs de morue.

Terre-Neuve est une grande île, voisine de la côte américaine, s'étendant du 47° au 52° lat, N. et se trouvant par le 55° long. O. (méridien de Paris). Elle forme un triangle irrégulier dont la plus grande longueur, du cap Raye au cap Normand, est de 316 milles (50 kilom.), et la plus grande largeur (partie méridionale de l’île), du cap Spear au cap Aiguille, est de

1 Nous empruntons les éléments de cette Étude à une lecture très intéressante, faite le 10 février dernier par M. E. Hepple Hart à la Society of Arts, sous le titre de : Newfoudland : Past, Present and Future.

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317 milles (507 kilom.). Sa surperficie est de 42,000 milles carrés (508 kilom.), environ celle de l'Angleterre.

Le pourtour est d'environ 2000 milles; mais le développement du rivage est de beaucoup supérieur, en raison de nombreux havres et anses qui déchiquettent la côte et lui donnent l'aspect la plus pittoresque.

Le triangle est coupé en deux parties par les baies de Plaisance et de la Trinité, que sépare un isthme de deux milles environ, par lequel la péninsule d’Avalon se rattache au reste de l’île. On distingue en outre trois” autres péninsules : le Petit Nord, Port à Port et Chapeau rougé.* :

Les plus importantes baies: duo présente la côte de Terre- Nouve sont: 1.5.1

La baie de Saint-Jean, sui. la. côte orientale, à peu près versle milieu de la péninsule d’ Avalof, est spacieuse et bien abritée ; elle a une profondeur d’ environ 30 mètres au centre. On Du facilement y pénétrer en toutéi saisons et à toute marée, par les Narrows, passage enserré entre des montagnes escarpées de Sandstone, dont l’une porte un ‘phare et une batterie. La baie a 25 milles (40 kilom.) de lonÿ.sùr une largeur presque égale; elle est propre à la pêche de la morue et recoit plusieurs cours d’eau fréquentés par les saumons.

La ville de Saint-Jean, située au nord du havre, a été fondée en 1753, mais n'offre pas de traces de vétusté, ayant été détruite, à trois reprises différentes, par l'incendie. Sa population est de 30,000 habitants; mais elle double à certaines époques, au moment de l’arrivée et du départ des flottes de pêche. C’est d’ailleurs une ville spécialement occupée de ce qui concerne la pêche, et où le reste du commerce n’est qu'un accessoire.

Sur la côte méridionale, on rencontre successivement les baies des Trépassés, Sainte-Marie, de Fortune, du Désespoir, du Vieil-Homme et de la Poile.

La baie Sainte-Marie, qui a 35 milles (56 kilom.) de long sur 25 de large (40 kilom.), est propice: à la pêche de la morue et reçoit plusieurs rivières riches en saumons,

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La baie de Plaisance, la plus spacieuse de toutes, a 90 milles (141 kilom.) de long sur 55 (88 kilom.) de large, et est parsemée d'ilots ; ses eaux abondent en morue, hareng et saumon.

La baie de Fortune a 10 milles (112 kilom.) de longueur et regarde les deux îles de Miquelon et de Saint-Pierre, les seules possessions qui restent à la France dans cette région. Elle a été, en 1878, le théâtre d’une collision entre les pêcheurs Terre- Neuviens et Américains, qui a failli être la cause d’une guerre anglo-américaine.

Sur la côte occidentale, nous trouvons d’abord la baie de Saint-Georges, splendide havre dont le climat est beaucoup plus doux que celui de la côte Est ; les pêcheurs y trouvent la morue et le hareng en abondance.

Puis nous trouvons successivement la baie de Port à Port, très dangereuse, et où on constate, chaque année, des pertes d’hommes et de chaloupes, à l’époque où on vient y chercher de la boëtte ; la baie des Iles et la baie Saint-Jean, moins importantes.

La côte orientale nous offre les baies Hare, White, Notre- Dame, Bonavista, de la Trinité et de la Conception. Cette côte, d’après M. Harvey, est remarquable par ses falaises noires, perpendiculaires, d’une beauté sombre, dentelées et corrodées par les tempêtes; mais cet aspect effrayant cesse dès qu’on pénètre dans une de ses baies, et on se trouve en face de paysages boisés qui peuvent rivaliser avec ceux qui sont les plus renommés parmi les artistes et les voyageurs.

La baie Notre-Dame, d'une longueur de 250 milles (400 kilom.) et d’une largeur de 40 milles (64 kilom.), offre un littoral boisé ou couvert de fermes en même temps que de nombreux établissements de pêche. Sur sa partie Nord et sur sa partie Ouest se trouvent les mines de cuivre de Tilt Cove, Betts-Cove, Little-Bay et Seal-Bay.

La baie de la Trinité, longue d'environ 50 milles (80 kilom), passe pour un des plus beaux havres du monde ; elle s’enfonce: dans les terres et n’est séparée de la baie de Plaisance que par une langue de terre qui a au plus deux milles d'épaisseur.

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Autour de l'île principale, inais surtout à l’Est et au Sud, se

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trouvent environ deux cents îlots, dont les seuls importantssont : faà Belle-Isle, Saint-Pierre et les deux Miqueion. l'o: L'île Saint-Pierre, située au sud de Terre-Neuve, se rencon- lièr tre par 469,49 lat. N. et par 58°,37 long. O. (de Paris), à 667 chh myriamètres de Brest. Elle est de forme très irrégulière, n'a que his & lieues et 1/2 de circonférence el 1 lieue 3/4 dans sa plus grande qui longueur. Sa superficie est de 2,500 hectares. Son sol volcanique sèd est constitué par des rochers arides couverts de mousses, et ne do porte qu’un très petitnombre d'arbres rabougris'. À peine, càetlà, I trouve-t-on de maigres pâturages pouvant nourrir pendant l’été et} quelques bœufs, chèvres et moutons, ou des Tourbières, Terres | rs noires. Si l'on voit ur petit nombre de jardins à légumes aux l'ét environs de la ville, leur création résulte de terres rapportées. fo L'intérieur de l'île, d’un accès difficile, est constitué par des [I gorges et des fondrières rendues marécageuses par l’eau des via pluies ou de la fonte des neiges. lag

Le climat est sain', bien que l’hiver y soit très rigoureux : la et?r température maximum, en août, est parfois de + 24° C., tandis que le minimum, en février, est souvent — 29° C. à — 94°C. Les pluies, qui succèdent vers juin à des brumes intenses, sont le signal d’une activité de végétation inouie.

La population fixe est assez restreinte et a beaucoup varié avec les conditions politiques ; on a compté en Le de la population flottante :

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L'ile de Miquelon, réunie aujourd’hui au petit Miquelon ou l'Anglade, en avait été séparée, en 1757, par un ouragan qui détrui-

1 Le bois de chauffage, pour Saint-Pierre et Miquelon, provient üe Terre Neuve, où les habitants de ces îles ont le privilège de s'approvisionner, 2 Les octogénaires sont assez nombreux ;

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TERRE-NEUVE,. Hi] sit l’isthme de gravier et de sable qui leur servait de jonction ; mais, dès 1781, les courants j'ont reformé. Cette île, située à l'ouest et à une petite distance de Saint-Pierre, est très irrégulière et n’a qu'une superficie de 18,423 hectares; son sol est constitué comme celui de Saint-Pierre, et est riche aussi en minerais de fer, mais il est beaucoup moins accidenté. Langlade, qui est la partie la plus favorable aux opérations agricoles, possède une dizaine de fermes qui suffisent pour assurer les besoins de la consommation locale.

La baie de Miquelon constitue une rade étendue, mais foraine et peu sûre. Dans la partie protégée par l'ile aux Chiens, elle forme un port ou barrachois, d’un accès difficile en raison de l’étroitesse de son goulct, et qui a d’ailleurs trop peu de profondeur pour admettre les navires d’un fort tonnage.

Les îles de Saint-Pierre et Miquelon sont soumises à des vents violents, surtout à l'époque des équinoxes. On redoute surtout les vents du nord et du nord-ouest, qui causent des tourmentes etfroyables, poudrins ; les vents du sud et du sud-ouest, moins violents, sont chauds et humides et déterminent souvent de la brume.

Ces îles, qui sont françaises, n’ont d'importance que comme stations pour la pêche de la morue, et ne présentent qu’un très petit nombre d'halitants.

En1821......,.,..., 351 habitants.

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Autour de Terre-Neuve et des îlots adjacents, on constate l'existence d’élévations sous-marines, dont la plus importante a reçu le nom de Grand-Banc. Ge plateau sous-marin, dont l’existence et Ja richesse en poissons ont été reconnues, dès 1504, par des pêcheurs de Saint-Malo, a une longueur de 800 kilom. environ; sa plus grande largeur est de 24 kilom. Chacune de ses extrémités s’atténue presque en pointe. Il est recouvert d’une couche d’eau dont l'épaisseur varie de 24 brasses (79 mètres) à 60 brasses (91 mètres environ).

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L'intérieur de Terre-Neuve est encore assez mal connu, etpendant longtemps on 1v’en a guère eu d’autre description que celle de Cormack, qui, en 1822, s’y aventura avec un Indien Mic- Mac ! ; ille décrivit comme « une vaste savane où broutent d’innombrables troupeaux de rennes, et dont les étangs et lacs fourmillent de castors, loutres, rats musqués, canards, oies, courlis, etc. ». Le professeur Jukes, en 1850, à la suite de l'ascension d’un de ses pics, a donné une description du pays qui lui a paru constituer une région à ondulations basses, couverte d’une riche forêt qui se prolongeait à 15 ou 20 milles, et il compare cespectacle à celui des plus jolis Landscapes de l'Angleterre. D’après les observations de A. Murray, qui a dressé la carte géologique ? de Terre-Neuve, l’intérieur de l’île serait une steppe ondulée, couverte de mousses et d’une herbe courte qui foisonne dans d'innombrables marais, étangs ou lacs, avec des ruisseaux non

1 Les Mic-Mac, représentants actuels d'une tribu autrefois fameuse de la Nouvelle-Écosse, sont les seuls Indiens qui restent à Terre-Neuve ; leur nombre est de 200 à 300.

2 On peut représenter ainsi les formations géologiques de Terre-Neuve : Houiller Milstone gris.

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M. Sandford Fleming, qui a été chargé des études préparatoires à l'établissement d’un chemin de fer, dit qu’il existe une chaîne

de montagnes qui traverse l’île entière, en restant en quelque

sorte parallèle au rivage ; l’altitude en est très médiocre, et il pense qu’il serait facile d'éviter la région marécageuse en construisant la voie entre deux rangées de montagnes, cequi n’exigerait pas l'établissement dispendieux de tunnels ou de ponts gigantesques.

Les montagnes de Terre-Neuvs ont la direction du N.-N..E. au S.-S.-0. La chaîne la plus importante, Long Range, part du cap Raye et suit la côte occidentale pour venir se terminer à la grande péninsule Nord. Une chaîne parallèle, dont quelques pics atteignent une altitude de 2,000 pieds, part du cap Aiguille. On connaît une autre chaîne entre la baie de Fortune et celle de Notre-Dame ; enfin une autre, encore innommée, traverse l’île en diagonale, du grand Lake à Hall’s-Bay.

Les rivières de Terre-Neuve sont pour la plupart étroites, sinueuses et impropres à la navigation à vapeur. Les plus importantes sont les rivières des Exploits (bassin 3000 milles carrés), Gander (bassin 2500 milles carrés), et l'Hwmber qui va se déverser sur la côte occidentale, en traversant une vallée couverte de beaux arbres propres à la construction des navires.

On peut considérer Terre-Neuve comme un pays lacustre; le tiers en effet de sa surface est couvert par des lacs, des étangs et des marais. Le plus important de ces réservoirs d’eau est le Grand Lac, que traverse la Humber et qui a une superficie de 182 milles carrés.

Le climat est humide, mais sain cependant. Il semble, quand on parle de Terre-Neuve, que ce soit une région de brumes pérpétuelles ; mais, s’il est vrai que les brumes sont fréquentes sur les côtes S, et S.-E., elles sont très rares sur les côtes N. et O., ainsi que dans l’intérieur des terres. On a eu le tort de généraliser ce qui est spécial à Saint-Jean, que les météorologistes

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considèrent comme la localité la plus humide de tout l'empire Malo

| anglais. Mais, comme l’a fait si bien observer M. Howley, Saint- devan Jean n'est protégé du courant des Icebergs de la région arctique venus que par le cap Saint-François, et c’est à une petite distance, plus auxN

| au Sud, que ces masses de glaces se fondent au contact des eaux ! 1567,

| tièdes du Gulf-Stream, pour se réduire en vapeurs que les vents | dontc rapportent ensuite, sous forme de brumes, sur les côtes E, çais 0

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! sain sur la côte occidentale ou française, bien que les étés y : en 15 soient sensiblement plus chauds et les hivers plus froids. La D étatèn

| | moyenne de plusieurs années, à la Station de Sandy-Point, dans D neo | la baie de Saint Georges, n’a été que de +16° C. à +289 C. ; dont i D’après divers documents, Terre-Neuve avait été visitée par | disett

les Basques, plus d’un siècle avant l’époque où Colomb décou- En

| | vrit l'Amérique. Suivant quelques auteurs, en 1495, des Ma- côtes | louins et des Dieppois auraient visité Terre-Neuve et la côte du une ct Canada. Mais il paraît plus certain que ce fut Jean Cabot ou L'A

| | Gabetto, marchand de Bristol, d'origine vénilienne, qui a décou- de ce | vert, en 1497, dans sa recherche d’une route du Catay, Terre- nalio | Neuve, qu’ nomma Primavista. Il paraît être arrivé d’abord t phry avec son navire le Matthew au cap Breton, qui forme une partie "sion de la Nouvelle-Écosse actuelle, puis avoir traversé le détroit de casiol Belle-Isle et reconnu la côte occidentate de Terre-Neuve ‘. IL "! desp serait enfin revenu à Terre-Neuve l’année suivante et aurait des- ! mail cendu de là jusqu’à la latitude de Guoa. Ù que [ paraît prouvé que les Portugais furent les premiers à suivre … établ ses traces, et, alors que les pêcheries de Terre Neuve étaient 2 en

encore presque inconnues des Anglais, ils y envoyaient chaque année des navires pour pêcher la morue. Dès 1517, on signale 10 Et | dans la région quarante de leurs navires. Les archives deSaint- ‘le

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TERRE- NEUVE, 9 Malo tendent cependant à prouver que les Portugais auraient été devancés à Terre-Neuve par les pêcheurs malouins, qui seraient venus sur le Grand-Banc dès 1504 et en auraient ouvert la voie aux Normands, aux Basques et aux Portugais. Toujours est-il qu'en 1567, d'après Hakluyt, on trouvait dans ces parages 400 navires, dont cinquante seulement étaient anglais; les autres étaient françaïs ou espagnols et portuguis.

Dès 1502, Henri VII d'Angleterre avait délivré des lettres patentes à Elliot et Ashurst pour fonder des colonies dans les régions découvertes par G. Cabot; mais il ne paraît pas que ces lettres aient eu des résultats sérieux, car, lorsque Howe y vint, en 1537, il faillit périr de faim, no sachant pas combien les côtes étaient poissonneuses ; il fut sauvé, ainsi que les aventuriers ses compagnons, par la rencontre d’un navire pêcheur français dont ils s’emparèrent, ce qui leur permit de remédier à leur disette et de se rapatrier.

En 1534, Jacques Cartier explora la plus grande partie des côtes de Terre-Neuve ; il y retourna en 1540, pour y conduire une colonie française qui ne prospéra pas".

L'Angleterre, qui pendant longtemps avait méconnu la valeur de cette région et qui s’y était laissé distancer par les autres nalions, finit par comprendre son erreur, et, en 1583, sir Humphry Gilbert fut chargé par la reine Élisabeth de prendre possession de Terre-Neuve. Trois ans plus tard, l'amiral Draka, à l’occasion de la guerre avec l'Espagne, vint capturer toute la flotte des pêcheurs hispano-portugais réunie sur le Banc, et se rendit maître de l’île. Les colonies anglaises cependant ne prirent quelque solidité à Terre-Neuve que vers 1606, où Jean Gay vint s’y établir. (En 1612, il y avait 62 colons : 54 hommes, 6 femmes et 2 enfants. Purchas.) |

1 On peut trouver une preuve de ce que les Bretons et les Normands ont été les premiers à fréquenter le pays découvert par Cabot dans le grand nombre de noms de localités qui rappellent des villages, des caps, etc., de la Normandie et de la Bretagne, bien qu’on ait cherché dans ces derniers temps à dénaturer ces noms en les anglicisant.

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La colonie ne tarda pas cependant à prospérer, et le nombre des color ‘onta, en quarante ans, à 4,000. Vers cette époque, les péê eurs ‘rançais fondaient une petite colonie à Plaisance, où, ju «ue 1687, ils se gouvernèrent eux-mêmes ; mais la prote à que le gouvernement leur donna alors, en établissant à Plaisance une garnison de 50 hommes, fut moins avantageuse que l’oubli pour les pêcheurs, en raison de l’oppression et de la rapacité des commandants qui y furent envoyés.

À la suite du voyage du capitaine Withom (1622), le roi Jacques fit distribuer dans toutes les paroisses la relation de son expédition «pour engager les aventuriers à y aller s'établir». A cette époque se rapporte la fondation d’une colonie (1516-1523) que sir Georges Calvert, depuis lord Baltimore, établit à Ferryland, mais qu’il fut obligé d'abandonner en raison des difficultés que soulevèrent les Français ; c'est de là qu’il alla dans le Maryland, où il fonda la ville de Baltimore.

Malgré l'importance de ses pêcheries, la population de Terre- Neuve n’augmenta que lentement. En 1631, c’est-à-dire un siècle et demi après sa découverte, il n'y avait que cinquante familles distribuées en quinze hameaux, établis pour la plupart sur la côte Est. Il est vrai que le gouvernement anglais, une fois intronisé dans le pays, ne s’occupait que du développement de la pêche, et cherchait à décourager par tous les moyens possibles tous les colons qui désiraient venir s'établir dans l’île.

Le progrès fut aussi entravé par les querelles et les guerres qui furent presque continuelles avant et après le traité d'Utrecht (1713), qui permit aux Anglais de restreindre la part que les Français prenaient à la pêche, en ne laissant à la France que le droit de pêche et de sécherie sur une partie seulement des côtes de Terre-Neuve, et la possession de l’île du Cap-Brelon. Mais, en 1745, l'Angleterre s’empara de cetteîle, où les établissements français prospéraient. L'ile du Cap-Breton fut rendue aux Français en 1748, et leur fut reprise en 1758. Le traité de Fontainebleau (1763) ne laissa aux Français que la possession des îles Saint-Pierre, Miquelon et Anglade, où ils purent avoir

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En 1783 (traité de Versailles), il fut décidé que les limites de la pêche par les Français seraient comprises entre le cap Saint-Jeanetle cap Raye. En 1814 (traité de Paris), les anciennes limites furent rétablies; il fut interdit toutefois aux Français d’avoir des établissements sédentaires.

Mais, à plusieurs reprises, des contestations, qui furentsouvent accompagnées de rixes, ont été le résultat de conventions, chacune des parties cherchant à étendre ses prérogatives aux dépens de l’autre. Aussi une nouvelle convention fut-elle conclue en 1858, entre la France et l’Angleterre, pour prévenir toute difficulté : il ne paraît pas cependant que ses dispositions aient eu le privilège d’être acceptées par les pêcheurs de l’une ou l’autre nation.

En 1728, le capitaine Henry Osborn fut nommé gouverneur, et une vie nouvelle s’ouvrit pour Terre-Neuve. Dès 1763, la population sédentaire était de 8,000 âmes et la population flottante de 5,000.

Deux ans plus tard, la côte du Labrador, de l’entrée de la baie d'Hudson à la rivière Saint-Jean, fut rattachée au gouvernement de Terre-Neuve.

La prospérité des pêcheries fut grande pendant toute la période des guerres qui suivirent la Révolution française, et le produit de la pêche tripla. Mais la prospérité générale ne fut pas en rapport avec le succès des pêches; pouvait-il en être autrement dans un pays où les restrictions les plus sévères étaient la règle ? En 1819, par exemple, on ne pouvait construire, dans la colonie, une maison sans l'autorisation du gouverneur.

Quand cette période de vexations eut pris fin, la situation de Terre-Neuve s’améliora. En 1814, il arriva 3,000 émigrants, ce qui porta ia population à 8,000 âmes ; elleétait de 161,144 habitants en 1869 ; aujourd’hui on l’évalue à 190,000.

En 1825, les premières routes furent construites ;

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En 1839, la métropole accorda la représentation législative ;

En 1858, le premier câble transatlantique vint alterrir à l'extrémité de l’île et la mit en communication directe avec l’Europe d’une part et les États-Unis de l’autre.

Constructions maritimes. — Cette industrie, d’origine assez | récente, a fait quelques progrès dans ces dernières années, 1 comme on le voit par les chiffres suivants :

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Finances. — Le revenu provient, pour la plus grande partie,

| (3,706,950/fr.); en 1870 il a été de 972,40? doll. (4,720,010 fr.) jl L'importation consiste en farines, biscuits, sucre, cassonnades, | vin, liqueurs, thé, porc, etc. L’exportahon, qui se fait presque 1h exclusivement pour l'Angleterre et le Brésil, est presque en to- | | talité alimentée parles produits de la pêche (morue, hareng, sau- | mon, homard, huiles de poisson) et par le minerai de cuivre.

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