EROS AU FLAMBEAU
Smyrne1. Comme l'autre, c'est un adolescent, dépourvu de toute draperie. Il court vers la gauche, dressant ses petites ailes d'oiseau, rouge et bleu, et s'aidant de leur envergure pour hâter le pas. Le bras gauche s'abaisse derrière lui; l'autre, armé d'un flambeau allumé, se lève le plus haut qu'il peut, et le regard de l'Éros , attentif, presque anxieux, suit les oscillations de la flamme.
Bien qu'on puisse l'expliquer de plus d'une manière, je pense que le sujet se rattache à la fable d'Amour et Psyché. Le jeune dieu poursuit un papillon de nuit et cherche à le brûler; il nous offre l'image des peines de l'amour, par voie d'allégorie, image qui est devenue le motif favori des graveurs en pierres fines. M. Stephani vient de coordonner et d'étudier, avec sa haute compétence, les monuments qui ont trait au papillon psychique2. Il n'y a rien à y ajouter, rien d'essentiel du moins. Je n'ai donc pas à regretter de renvoyer le lecteur à ce savant travail et de m'arrèter sur une citation.
1 Hauteur : 25 centimètres. Base ornée de moulures.
2 Compte rendu de la Commission archéol. de Saint-Pétersbourg, 1877, p. 102 et suiv.
Sur une monnaie d'Apulie, Éros enfant tient un flambeau à chaque main (Imhoof-Blumer, Choix de monnaies grecques, pi. VIII, 262). — Une marque de verrier que j'ai rapportée de Rome, représente, en relief, un petit Éros nu, courant vers la gauche et tenant à la main droite un flambeau.