‹ Terres cuites d'Asie MineureChapitre 25 sur 35 · ÉROS TENDANT SON ARC ET ÉROS AU FLAMBEAU · texte numérisé non relu

ÉROS TENDANT SON ARC ET ÉROS AU FLAMBEAU

COLLECTIONS DE M. JULIEN GRÉAU (Pl. 20) ET DE MADAME BASILEWSKY (Pl. 34).

) n Éros adolescent, nu, aux ailes redressées, est debout près d'un tronc d'arbre 4. |J La jambe gauche en avant, il essaie de tendre son arc. Tous ses mouvements s'expliquent par cette supposition : le corps penché sous l'effort qu'il est obligé de faire , le geste des bras, l'inflexion du genou contre lequel l'une des extrémités de l'arme doit s'appuyer. Le regard du dieu est fixé sur la main gauche, c'est-à-dire sur la courbure de l'arc, qu'il s'agit de plier et de ramener pour y introduire le lacs de la corde. On pense involontairement au vers d'Ovide :

Lunavitque genu sinuosum fortiter arcum.

Nous connaissons plus de vingt statues de marbre qui reproduisent le même sujet. Le Louvre en a trois 2. Dans la règle, c'est la main droite qui tient le haut de l'arc ; l'autre saisit la poignée. Mais quelques-unes de ces statues se rapprochent de si près de la figurine de Smyrne qu'elles ont la même physionomie et jusqu'à la même tresse de cheveux plate s'avançant du sommet de la tête vers le front. La différence la plus notable est que la terre cuite représente un jeune homme aux formes grêles et élancées, tandis que l'Éros en marbre est plutôt un enfant. L'arc a dû être de bronze, comme la flèche de Y Amour au repos (p. 17).

Il y a dix ou douze ans, ce motif a provoqué des discussions qu'il ne faut pas se presser de rouvrir. Est-ce l'arc d'Hercule que l'Éros veut essayer? est-ce le sien propre? L'original remonte-t-il à Praxitèle? ou à Lysippe? ou serait-il postérieur à ces maîtres? Voilà bien des points d'interrogation. Nous sommes au bord d'une rivière qui coule loin de sa source, et souvent c'est la seule patience qui conduit les problèmes vers leur maturité.

L'Amour de la collection de Mm" Basilewsky (pl. 34) vient également des environs de

fabrique smyrniote. Terre rouge avec traces de dorure. Hauteur: 21 5 millimètres. Base quadrangulaire, ornée de moulures.

- Frœhner, Notice de la Sculpture antique du Louvre, t. I, p. 3 1 3-3 14.

:OLLECTION HJL

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