APHRODITE SUR LA KL1NE
laissant échapper que deux touffes qui serpentent le long du cou et ne s'arrêtent qu'à la poitrine. Au bras droit une armille, des pendeloques d'or aux oreilles, voilà pour la parure. Le lit est bordé de franges et peint en rose tendre.
11 y a joie et profit à étudier de telles œuvres. Les lignes, tantôt sobres, tantôt pressées et multipliées, ici dans leur pureté, là se heurtant et se brisant, sont tracées de main de maître; le moindre détail s'anime à leur jeu. Je ne dois pas insister sur l'éloge. Est-on sûr que les deux femmes couchées soient des Aphrodites et qu'il n'y ait pas place pour une interprétation différente?
Le même problème qui nous a occupés tant de fois vient donc se poser de nouveau, et je crains qu'il ne faille le résoudre dans le même sens. En effet, ces femmes n'ont pas le type idéal de Vénus; ce sont des mortelles transformées en Vénus dans le séjour des bienheureux. Il n'y a guère de doute à cet égard. On voudrait savoir du moins si ces déesses de création nouvelle étaient d'un rang inférieur aux anciennes, ou si leur puissance égalait celle des grandes divinités. A en juger par les textes, il y avait égalité de pouvoirs. Du temps et dans la pensée de l'artiste qui s'inspira de ces doctrines, la mort conduisait à une apothéose complète; elle était bien plus qu'un rajeunissement du corps et qu'une reflorescence de l'âme.