De Speclac, w
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soiiiiages auxquels il s'intéresse, de telle façon <|u'il s'identifie avec eux et Unit par leur ressembler. Rien n'est contagieux coninie lu passion : la Aoir devant soi vive, séduisante, avec l'illusion (le l'aclion théâtrale, c'est s'y accoutumer insensiblement et la reproduire en soi-même. Bossuet n'a pas analysé avec moins de tinesse le travail (|ui s'opère dans Tesprit du spectateur entraîné à son insu par l'exemple vivant qu'il a sous les yeux :
« Le premier principe sur lequel agissent les poètes tragi(|ues et comiques, c'est qu'il faut intéresser le spectateur, et si l'auteur ou l'acteur d'une tragédie ne le sait pas émouvoir et le transporter de la passion qu'il veut exprimer, où tombe-t-il, si ce n'est dans le froid, dans l'ennuyeux, dans le ridicule, selon les règles des maîtres de l'art? Aut dormitabo aiit ridebo, et le reste... On se voit soi-même dans ceux qui nous paraissent comme transportés par de semblables objets : on devient bientôt un acteur secret dans la tragédie; on y joue sa propre passion, et la fiction au dehors est froide et sans agrément, si elle ne trouve au dedans une vérité qui lui réponde \ »
Il n'est pas nécessaire d'avoir fouillé le cœur humain dans ses coins et dans ses recoins pour rester convaincu de la justesse de ces réflexions : l'observation la moins attentive suffit pour en faire comprendre la rigoureuse exactitude. Or, en s'exprimant de la sorte, Tertullien et Bossuet signalaient le côté vraiment dangereux du théâtre. L'art suprême de l'auteur, comme celui de l'acteur, consiste à rendre la passion tellement au naturel que chacun puisse y retrouver sa propre