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et (|ii'il (li'V('lo|)|i(' sùiis Idiilt's Its loniics. c'csl ([lie l'iiommo dt'cliu pdi'lf fil lui lin tond de «•oiiciipiscciict' iiiaiivaiso (ju'il n'est |)as hon d'cxciU'r |)ar un arl (|iii la Halte Pour justifier leur seiiliiMeiit. les apoloiristrs du llit-àtre ne manquaient pas de taire observer (|iie les eoim'dies linissenl ordinairement par un inai'iai;e. l''ort bien, n'-ixiiid liossiiet, mais co, n'est point par là (pi'elles eoniinencent, et avant d'arriver à ce dénoùnient cpii ne sauve rien, ce sont des amants qui parlent et (pii agissent sur la scène, et non pas des époux. Illusion dt'j)loral)le de s'iiiiaiiiner <pie le lani;ai;e des passions perd ce (p:'il a de dangereux pour les spectateurs, parce qu'après jiien des péripéties l'intrijïue vient aboutir au nœud conjugal! (y est tout le vase <|ue vous remuez, aussi bien la lie qui se trouve au l'ond que ce (pi'il y a de lin el de délicat dans la partie supérieure. 11 est peu d'endroits où Bossuet ait révélé davantapfe ce sens praticpie, cette expérience des clioses morales qu'il possédait à un si haut degré.
« Encore, disait-il, que vous ôtiez en apparence à l'amourprofane ce grossier et cet illicite dont on aurait honte, il en est inséparable pour le théâtre. De (pjehfue manière que vous vouliez qu'on le tourne ou qu'on le dore, dans le fond ce sera toujoui's, quoi qu'on puisse dire, la concupiscence de la chair, (pie saint .lian déléiid de rendre aimable, puisqu'il détend de l'aimer. Le grossier que vous en ôtez ferait horreur, si on le montrait: et l'adresse de le cacher ne fait qu\ attirer les volontés d'une manière plus délicate, et qui n'en est que plus périlleuse lorsfpi'elle ] arail plus éi)ur<''e. (Croyezvous, en vérité, que la subtile contagion iVwn mal dangereux demande toujours un objet grossier, ou (jue la flamme oecrète d'un coMir troj) dispose- à aimer, en (pielque manière
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((MO r-e puisse être, soit rorrijiét' ou ralentie par l'idée du mariage (|ue vous lui meUez devant les yeux dans vos héros et <laus vos héroïnes amoureuses? Vous vous trompez... Le licite, loin d'empêcher son contraire, le provoque : en un mot, ce qui vient par rétlexion n'éteint pas ce que l'instinct produit: et vous pouvez dire à coup sûr, de tout ce qui excite le sensible dans les comédies les plus honnêtes, qu'il attaipie secrètement la pudeur. Que ce soit ou de plus loin ou de plus près, il n'importe; c'est toujours là que l'on tend, par la pente du cœur humain à la corruption. On commence par se livrer aux impressions île l'amour sensuel : le remède des réflexions ou du mariage vient trop tard ; déjà le faible du cœur est attaqué, s'il n'est vaincu ; et l'union conjugale, trop grave et trop sérieuse pour passionner un spectateur qui ne cherche que le plaisir, n'est que par façon et pour la forme dans la comédie... Il faut toujours que les règles de la véritable vertu soient méi)risées par quelque endroit pour donner au spectateur le plaisir qu'il cherche. Le licite et le régulier le ferait languir s'il était pur : en un mot. toute comédie, selon l'idée de nos jours, veut inspirer le plaisir d'aimer: on eu regarde les personnages, non pas comme gens qui épousent, mais comme amants; et c'est amant qu'on veut être, sans songer à ce qu'on pourra devenir après... Par quelque endroit que vous frappiez la concupiscence, tout s'en ressent. Le spectacle saisit les yeux; les tendres discours, les chants passionnés pénètrent le cœur par les oreilles. Quelquefois la corruption vient à grands flots: (pielquefois elle s'insinue comme goutte à goutte; à la fin on n'en est pas moins submergé. On a le mal dans le sang et dans les entrailles avant qu'il éclate par la
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lièvre. En s'aH'aiblissant peu à peu, on se nid en un danger évident de toinhci-. avant (lu'on tombe; et ce {^rand attaihlisscnicnt est dc'-jà un conuncnet'nu'nt de clmte '. » Pour peu ([u'on ait t-tudié le cœur liuinain, il est inipossihU' de n'èiif point frappé delà finesse de ces remanpies. On peut bien opposer des sophismes à ce raisonnement si clair et si net, se l'aire, à l'exemple du Père Cattaro, une idée métaphysique du théâtre sans avoir éfi;ard à la pratique des choses: mais, après tout, c'est là une question de bonne toi (luc (oui inoialisic sérieux tranchera dans le même sens. Une action théâtrale qui a pour ressort l'amour profane et dans laquelle les rôles sont tenus par les deux sexes offrira toujours un danjj;er moral, (|uel([ue louable (jue puisse être l'intention de l'auteur. Ici, Messieurs, nous pouvons invoquer l'autorité de juges fort compétents et d'autant plus désintéressés qu'ils prononcent contre eux-mêmes. Je veux parler des poètes (|ui ont porté sur le théâtre moderne les pièces les moins répréhensibles. Au témoignage de Fontenelle, Corneille était fort inquiet de la responsabilité que faisait peser sur lui la publication de ses œuvres dramatiques : pour réparer autant (jue possible les torts qu'il se reprochait, il consacra les derniers efforts de son talent à la poésie religieuse. Tout le monde connaît les remords de Racine; ils nous ont valu deux chefs-d'œuvre d'où l'amour profane est absent, et qui par conséquent ne rentrent nullement dans la catégorie des pièces que Bossuet signale comme dangereuses pour les mœurs. Je ne cite, vous le voyez, que des auteurs dont la muse n'est point dévergondée : poui- avoir porté un juge-
), Maxiiiiosrt rrfli'Xions, p. M'i cf sniv.
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nient si sévère sur leurs propres œuvres, sur des productions dont le but n'est certes pas immoral, il faut bien qu'ils aient été fortement pénétrés des dangers du théâtre. Quinault déplorait amèrement et cherchait à racheter, par les plus diu's exercices de la pénitence, le mal qu'avaient pu produire ses opéras. LuUi mourait sur la cendre en gémissant au souvenir de ses compositions musicales. Dans une lettre adressée à l'un de ses amis, Gresset avoue qu'il souffrait intérieurement d'avoir travaillé pour le théâtre ; et pourtant ni Sidnejj ni le Méchant ne sont des pièces déshonnêtes ' . Kn présence de ces inquiétudes et de ces regrets, il peut paraître quelque peu téméraire de vouloir s'élever contre l'opinion des maîtres de la scène. Que si, cependant, l'on persistait à taxer d'exagération le sentiment de TertuUien et (le Bossuet, un écrivain que nul ne peut accuser d'avoir obéi à des scrupules de piété se chargerait de confirmer la thèse des moralistes chrétiens. Cet adversaire inattendu des spectacles, c'est J.-J. Rousseau.
Dans le VIP volume de l'Encyclopédie, à l'article Genève, d'Alembert conseillait aux habitants de cette ville d'établir au milieu d'eux un théâtre de comédie. Rousseau trouva le conseil très dangereux pour sa patrie, et dans le but de prévenir ses concitoyens du péril qui les menaçait, il écrivit à d'Alembert sa lettre sur les spectacles. Cette lettre est un véritable traité qui, à l'exception de quelques passages où le genre déclamatoire de Rousseau se déploie dans des tirades trop chargées, renferme des appréciations aussi justes que sévères. Après avoir établi en général qu'un spectacle est un