‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 119 sur 234 · De Id(jl., i-ix, xi-xiii · texte numérisé non relu

De Id(jl., i-ix, xi-xiii

LA Vlii: CHRÉTIENNE AU MILIEU DU PAGANISME. '227

mais je ne les adore pas. Gomme si la raison qui défend de les adorer ne devait pas interdire également de les faire, puisque des deux côtés même offense envers Dieu. Mais je dis plus : tu les adores véritablement, toi qui rends cette adoration possible; tu les adores non pas avec la fumée de quelque sacrifice grossier, mais avec le parfum de toi-même. Ce n'est pas la vie d'un animal que tu leur offres, mais la tienne propre que tu leur sacrifies. Tu leur immoles ton génie; c'est avec tes sueurs que tu leur présentes tes libations: ton intelligence, voilà l'encens que tu brûles en leur honneur. Tu es pour eux plus qu'un prêtre, puisqu'ils te doivent d'avoir des prêtres. C'est ton industrie qui les transforme en dieux. Tu n'adores pas, me dis-tu, les divinités que tu fais, mais elles ne te désavouent pas pour leur adorateur, elles à qui tu immoles la plus riche, la plus succulente, la plus grande des victimes, ton propre salut K »

Si la véritable éloquence pouvait s'allier à la sophistique, j'admirerais l'art avec lequel ce grand maître sait prêter ses couleurs spécieuses à un raisonnement peu solide; mais il est par trop manifeste qu'en asùmilant à un culte religieux les professions dont il parle, jusiju'à vouloir les faire passer poui* plus criminelles que l'idolâtrie elle-même, Tertullien tombe dans la déclamation. Pour rester dans le vrai, il aurait dû se contenter de faire valoir un autre ordre de considérations (ju'il indique d'ailleurs. Tout en ne constituant pas un acte d'apostasie, des industries de ce genre pouvaient fort bien n'être pas sans danger pour des hommes qui sortaient à peine du paganisme, parce qu'elles leur remettaient constamment

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