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Vous concevez, Messieurs, que ces exaj^^rations de l'impétueux écrivain rendaient à ses adversaires la réponse facile. Sans doute, il s'en trouvait parmi eux qui ne portaient pas dans l'exercice de ces professions litMtes par elles-mêmes toute la discrétion que demandent les intérêts de la foi : à défaut de bonnes raisons, l'appât du gain sufTisait pour lever leurs scrupules. A mesure que nous avancerons, nous verrons se dessiner davantage ce parti relâché contre lequel TertuUien cherche à agir avec plus de zèle que de modération. Mais, à côté de ces hommes qui ne s'étaient pas complètement dépouillés de Tesprit du paganisme, il y avait de fervents chrétiens qui ne s'accommodaient pas d'une morale si outrée. La majeure partie des habitants de Carthagc vivaient du commerce et de l'industrie: leur interdire toutes les professions dont nous venons de parler, c'était les exposer à manquer des ressources nécessaires. Nous fabriquons des idoles, disaient les artisans, comme nous ferions toute autre chose, parce que tel est notre métier, mais nous ne les adorons pas pour cela. Les païens, reprenaient les commerçants, brûlent devant les dieux l'encens ou les parfums (|ue nous leur vendons : est-ce notre faute s'ils font un mauvais usage de nos marchandises? Avant tout il faut vivre, et notre métier est l'unique moyen de pourvoir à la subsistance de nos familles. La réponse de TertuUien exprime sans contredit toute l'énergie d'une âme profondément chrétienne, mais il faut bien avouer qu'elle est plus héroï(|ue que sensée.
« Vous dites, s'écrie-t-il, me voilà réduit à la pauvreté! Eh bien, le Seigneur a dit: Heureux les pauvres! — Je n'a:irai pas de quoi manger ! — Mais il est écrit : « Ne vous mettez « pas en |)eine de vos aliments. » Pour le vêtement, nous