‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 127 sur 234 · Ibid., xx-xxiii · texte numérisé non relu

Ibid., xx-xxiii

238 TRAiïv: nn F.'inoLATnir:.

penchant au rigorisme se trouve également dans la question bien aiilrcmcnt grave des emplois et des eliarges ])nl)li(|ues. Tertullion ne va pas jusqn' à déelarcr les dignités de l'État incompatibles avec les devoirs de la vie clii'c'lienne ; mais il y met des conditions qui en devaient fermer l'accès aux fidèles, en exigeant du magistrat qu'il n'encbaine ni n'incarcère personne, qu'il ne décide jamais de la vie ou de Thonneur de ses semblables : c'était se faire une idée défectueuse de la douceur évangélique, cpii n'exclut pas le moins du monde la justice. Même exagération par rapport aux marques extérieures du pouvoir. Par cela seul qu'on revêt les idoles de la prétexte, de la trabée, du laticlave, qu'on porte devant elles les verges et les faisceaux, Tertullien prétend qu'un magistrat chrétien doit renoncer à de pareils insignes, sous peine d'en être souillé. Personne, dit-il, ne peut paraître sans tache sous un habit couvert de taches. On ne manquait pas de lui répondre par l'exemple de Joseph et de Daniel qui, à la cour des rois idolâtres, n'avaient pas rejeté les ornements en usage parmi les Égyptiens et les Bai)yloniens. L'austère moraliste n'admet pas ce rapprochement : il se retranche dans la pauvreté évangélique et en appelle avec confiance aux humiliations du Christ. J'admire certainement l'éloquente fierté avec laquelle il foule aux pieds les pompes du siècle ; mais on ne saurait se le dissimuler, cette tirade, toute belle qu'elle est, reste étrangère à la question, et brille moins par la sûreté de la doctrine que par l'éclat et la vivacité du mouvement.

« Le Seigneur a marché dans l'humilité et dans l'ignominie, sans demeure certaine : « le Fils de l'Homme, disait-il, «n'a pas où reposer sa tête. » Il n'avait que des vêtements grossiers ; autrement il n'aurait pas dit : « Ceux qui sont vêtus

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