I.A VIE CHRÉTIENNE AU MILIEU DU PAGANISME
rémciil. que nous pussions même ne jamais voir ce qu'il nous est défendu de faire! Mais puisque l'esprit mauvais a tellement enveloppé le monde d'idolâtrie, il nous sera permis d'as sister à quelques cérémonies, pourvu que nous y allions pour riiomme et non pour l'idole. M'invite-t-on formellement à un sacrifice? Je ne m'y rendrai pas: il s'agit là d'un honneur tout idolàtrique. Il y a plus, je n'y contribuerai ni de mes avis, ni de mes deniers, ni d'aucune autre façon. Présent à un sacrifice pour lequel on m'a invité, je participe à l'idolâtrie. Ai-je accepté l'invitation pour une tout autre cause? Je ne suis plus qu'un simple spectateur du sacrifice \ »
On ne saurait mieux distinguer la vie civile de la vie religieuse, ni les usages particuliers à l'une des devoirs propres à l'autre. Sans sacrifier aucun principe, Tertullien fait ici toutes les concessions que réclament les convenances sociales. Mais, nous devons l'avouer, il ne lui arrive pas souvent de chercher le juste milieu entre les deux extrêmes : les solutions tranchantes et absolues répondent davantage à la tendance habituelle de son esprit. Certes il a raison d'interdire aux chrétiens ces jurements qui leur échappaient comme un reste de leur éducation païenne me Hercle, me dius fidius ! Toutefois, n'était-ce pas exagérer la portée de ces locutions que d'y voir un acte d'idolâtrie ? A coup sûr, on devait s'abstenir de toute formule d'engagement, orale ou écrite, par laquelle on aurait pris à témoin quelque divinité païenne; mais à force d'appuyer sur cette défense, le prêtre de Garthage semble vouloir proscrire comme illicite toute espèce de serment ^. Ce