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terrain oii il s'ongageait. De tels principes auraient creusé un abîme entre elle et la société humaine. Quand le prêtre de Cartilage veut arguer de l'exemple du Christ pour ranger parmi les pompes de Satan les pouvoirs et les dignités de la terre avec l'éclat iiatiiirl qui les accompagne, il met son éloquence au service du sophisme. Ce n'est pas la domination par elle-même qui mérite l'anathème, mais l'abus qu'on en fait pour satisfaire l'orgueil et les passions. Si le Sauveur a dédaigné les grandeurs liumaines, c'est, comme dit Pascal, « qu'il lui eût été inutile, pour éclater dans son règne de sainteté, de venir en roi » ; mais il ne les a pas réprouvées pour cela : il s'est contenté de signaler l'écueil en montrant de ({uel esprit elles doivent se pénétrer. A force de vouloir appliquer partout la lettre simple et nue de l'Évangile, Tertullien oublie que la chose essentielle est de revêtir l'esprit de Jésus-Christ. Or, l'esprit de Jésus-Christ, c'est-à-dire l'esprit de détachement et d'humilité, peut se trouver sur un trône comme dans une chaumière, sous la pourpre aussi bien que sous les haillons. L'erreur de Tertullien provient de ce qu'il ne peut pas se faire à l'idée d'un État chrétien : ayant devant les yeux un pouvoir persécuteur, et croyant la fin du monde proche, il s'imagine que l'idée de la souveraineté politique et de tout ce qui en découle est incompatible avec la notion du christianisme. N'avait-il pas dit diins, V Apologétique que les Césars ne peuvent être Césars et chrétiens tout ensemble*? 11 est clair qu'en partant de ce principe, il devait arriver aux conséquences où nous l'avons vu aboutir; mais l'avenir allait se charger de démontrer la possibilité d'un