Ibid., i.x
UN CAS nE CONSCIEISCE AU III* SIÈCLE. 26;î
à la couronne qui ceint le front des époux. L'usage de poi-lcr des couronnes en signe de réjouissance était si commun parmi les Juifs que les prophètes emploient de préférence cette image connue expression de la joie*. Tertullien n'aurait pu choisir un plus mauvais argument. Est-ce Teffet d'une préoccupation, ou le désir de trouver des armes partout, même dans le camp de l'ennemi? Ce qu'il y a de certain, c'est que l'Ancien Testament n'était pas favorable à sa thèse. Le prêtre de Carthage est mieux inspiré lorsqu'il répond par ce mot sublime à ceux qui auraient été tentés de lui opposer Tcxemple de Jésus-Christ couronné d'épines : « Faites-vous couronner de la sorte, vous en avez toute liberté ^. » La réplique est bonne, et vaut mieux que tous les raisonnements qui précèdent.
Au fond, Tertullien en voulait moins à la coutume contre laquelle il s'élève avec tant de vivacité qu'au service militaire lui-même. Voilà l'explication de son plaidoyer, et du reste il ne s'en cache pas. J'ai dit. Messieurs, qu'il s'était déjà durement exprimé à cet égard dans son traité sur V Idolâtrie. Il lui était impossible de ne pas manifester de nouveau ses antipatiiies, en discourant sur les accidents d'une profession qui lui paraissait blâmable en principe. Aussi profite-t-il de l'occasion qui lui est offerte pour exécuter une charge à fond contre le métier des armes : l'attaque est d'une vigueur sans pareille, mais je crains fort qu'en voulant détruire l'erreur, elle n'atteigne du même coup la vérité.
« Croyez-vous qu'il soit permis à un chrétien d'ajouter au
1. Exide, XXV, 11, XXX, 3; EcclL, xlx, li; Isaïe, xli, 10; Ezéch., xxiv, 23, xxm, 42, etc.