I. De Fuga in pi'i'srcKtione, i
28S LE MONTANISME.
iiiiciix (lire, (|ii'il ircnipr'clic pas, soit pour en tirer m» plus j;raml l)it'n, soit aliu de ne pas (K'truire la liberté liuuiaine, mais il ne les en réprouve pas moins pour cela. Ainsi, quelque avantage qui puisse en résulter, la persécution reste toujours en soi un mal moral et physique, parce que, d'une part, elle est une injustice, et de l'autre une source de peines et de tourments. Assurément Dieu sait faire sortir le bien du mal, c'est le secret de sa providence ; mais le mal n'en demeure pas moins le mal, et il est toujours permis de le fuir ou de l'éviter par des moyens légitimes. Les adversaires de Tertullien auraient pu lui répondre par cet arp:ument personnel : toutes les maladies qui affligent l'homme arrivent par ce que vous appelez la volonté de Dieu, et l'âme peut retirer le plus grand profit de ces épreuves physiques qui affaiblissent l'empire des sens, nous font rentrer en nous-mêmes et nous permettent de faire éclater notre patience et notre résignation. En conclurez-vous qu'il n'est pas permis de se préserver de la maladie ou de la guérir parles remèdes que procure la médecine? Tertullien a beau dire que la persécution ne vient pas du démon, mais par le démon * : rien n'est plus faux. C'est l'erreur et le vice qui cherchent à opprimer la vérité et la vertu, \ouloir faire remonter la cause de cette iniquité jusqu'à la source de tout bien, ce serait regarder Dieu lui-même comme l'auteur du mal.
Le prêtre de Carthage n'est pas plus heureux dans la suite des raisonnements qu'il imagine pour défendre sa thèse. C'est à tort qu'il reproche un manque de confiance en Dieu à ceux (|ui, se défiant de leurs propres forces, cherchaient à éviter