IDÉE DU SYSTÈME
songe, et sur laquelle les uns montaient au ciel, tandis que les autres descendaient vers la terre. Il faut donc regarder la perst'cution comme une arène. Or, qui invite au combat, sinon celui qui promet la couronne et les récompenses?,., Tout ce qu'opère la persécution se fait à la gloire de Dieu qui éprouve ou réprouve, qui élève ou abaisse. Or ce qui inté' resse la gloire de Dieu ne peut arriver que par sa volonté. Quand croit-on plus fermement à Dieu, si ce n'est lorsqu'on redoute davantage, au temps de la persécution ? Alors l'Église se tient sur ses gardes. Alors la foi est plus active, plus soumise à la règle, plus assidue aux jeûnes, aux veilles, à la prière, aux exercices de l'humilité, de la dévotion, de la charité envers le prochain; plus zélée pour les œuvres de la sainteté et pour la pratique de la tempérance. L'homme n'a d'autres mobiles que l'espérance et la crainte. Il n'est donc pas permis d'attribuer au démon un événement qui a pour résultat de rendre meilleurs les serviteurs de Dieu ^ »
Tertullien conclut de là qu'il n'est pas permis de fuir la persécution, parce qu'elle vient de Dieu et qu'elle est une source d'avantages spirituels. C'était l'une des thèses favorites de Montan et de ses disciples. Or, lorsqu'on y regarde de près, ce raisonnement se réduit à un pur sophisme. Nul doute que rien n'arrive sans la volonté de Dieu, en ce sens que Dieu veut positivement le bien, et qu'il n'enlève pas toujours à l'homme le pouvoir de faire le mal ; mais il ne s'ensuit nullement qu'il soit l'auteur des maux qui nous arrivent. Tertullien confond la simple permission divine avec la volonté positive et directe. Il est des choses que Dieu permet, ou pour