‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 156 sur 234 · Scorpiaque, n, m · texte numérisé non relu

Scorpiaque, n, m

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lorsqu'il veut lutter contre un principe malfaisant, venir à notre aide en opposant outrajïe à outraçre, détruire la mort parla mort, repousser l'immolation par l'immolation, éloii?ncr les tortures par les tortures, dissiper les supplices par les supplices, communiquer la vie en l'ôtant, soulager la chair en la blessant, sauver l'âme en l'arrachant. Ce que vous appelez d('»sordre est la raison même; cette riprueur que vous accusez est une véritable ijrâce : le divin médecin sait tirer l'éternité des épreuves d'un moment ». »

Il y a, sans nul doute, profusion d'antithèses dans le passatre que je viens de lire. Tertullien se plaît dans les formes paradoxales, et abuse des jeux de mots. Mais au fond de cette période, dont les membres s'équilibrent si bien l'un par l'autre, il y a une fjrande idée que le prêtre de Carthage continue à développer avec autant de finesse que d'énergie. En donnant sa vie pour Dieu, l'homme se sauve de la mort éternelle qu'il avait méritée par le péché ; et les souffrances du temps, acceptées en esprit d'expiation, le préser\'ent des peines de l'éternité. La mort du corps, quand elle est subie pour accomplir la volonté divine, est un antidote contre la mort de l'âme et un gage assuré de la vie future. En face de la récompense qui attend le témoin de la foi, le panégyriste du martyre se laisse aller à l'enthousiasme qu'excite en lui cette brillante perspective, Ici, nous retrouvons les accents généreux qui nous avaient émus dans l'Exhortation aux confesseurs de Carthage. Ce n'est plus le logicien qui discute froidement la raison du devoir; c'est le prêtre qui célèbre d'un ton inspiré les combats de la foi :

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