‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 16 sur 234 · I. Diihi (;.i>siiis. I. i.xxii, C. IV · texte numérisé non relu

I. Diihi (;.i>siiis. I. i.xxii, C. IV

Dt L'ÉGLISE D'AFRIQUE. lio

opposer aux progrès de l'Évangile une barrière réputée nécessaire pour sauver le culte de l'État menacé de toutes parts ^ Mais, déjà auparavant, la religion chrétienne avait eu à souffrir de la violence de ses adversaires. Aussi longtemps que le décret de Trajan, déclarant le christianisme une religion illicite, continuait à fournir une base légale à la persécution, les fidèles ne pouvaient se flatter d'être à 1 abri de l'intolérance païenne. L'indifférence d'un empereur, ou même ses dispositions bienveillantes, pouvaient bien ralentir la marche de la persécution, mais non l'arrêter entièrement. Que fallait-il, en effet, pour rallumer la colère des idolâtres sur un point quelconque du monde romain? Le caprice d'un proconsul s'armant contre les chrétiens d'un édit non révoqué: un soulèvement populaire provoqué par une calamité publique qu'on attribuait aux ennemis des dieux protecteurs de l'empire ; le refus des fidèles de prendre part à des fêtes ou à des réjouissances auxquelles venaient se mêler certaines pratiques superstitieuses, etc. Voilà autant de causes ou de prétextes pour se déchaîner contre ceux que Ton regardait comme les ennemis des dieux et de l'État: excitée par les passions du moment, la persécution pouvait sévir dans une partie de l'empire sans s'étendre aux autres. Il ne faut donc pas s'étonner si, même depuis Marc-Aurèle jusqu'à Septime-Sévère, l'Église a compté un grand nombre de martyrs. C'est ainsi que Clément d'Alexandrie, écrivant peu de temps après la mort de Gommode,'pouvait dire : [« Nous voyons tous les jours à quels excès on se porte envers les chrétiens : on les met en croix.

1. .^lii Spartiaui Seoerus, c.xvu. « Judieos lieii siib gravi pœua veluil. (lena etiam de Christianis sanxit. >■

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on les brille, on les décapite '. » Du vivant ni unie de Commode, et maljïré la paix dont l'Église jouissait sous ce prince, un proconsul de l'AsioMineure.Arrius Antoninus, ne craignit pas dexercer des violences contre les disciples de l'Évangile : il ne recula dans l'exécution de ses projets que devant la masse d'hommes (|ui se présentaient à son tribunal demandant à partager le sort des accusés^. L'édit de Trajan restait toujours en vigueur, et il suffisait d'un peu de zèle de la part d'un gouverneur de province ou d'une circonstance déterminée, pour l'aviver la haine des païens contre le christianisme, même en l'absence d'une persécution générale.

C'est, Messieurs, ce qui explique pourquoi, dans l'Afrique proconsulaire, il y eut des martyrs avant la promulgation du nouvel édit de Septime-Sévère. S'il taut s'en rapporter au témoignage de Tertullien, ce princf n'aurait pas été hostile aux chrétiens dès le commencement de son règne. Un motif tout personnel le portail vers l'indulgence. Affligé d'une grave maladie, le soldat parvenu avait fait venir auprès de lui un chrétien nommé Proculus, intendant d'unedame romaine qui s'appelait Evhodie; or, ce chrétien l'avait guéri en l'oignant de l'huile sainte. Reconnaissant de ce bienfait, l'empereur, informé que des hommes et des femmes de la plus haute distinction avaient embrassé le christianisme, au lieu de les persécuter, porta témoignage en leur faveur, et les protégea publiquement contre les violences populaires. Tel est, du moins, le récit de Tertullien, et ce qui semble le confirmer, c'est que Caracalla, fils de Sévère, avait une chrétienne pour nourrice,

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