‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 17 sur 234 · Slromates. 1. n · texte numérisé non relu

Slromates. 1. n

2. Tertull.. ad Scapulam. v; ^1. Lampml. Vita Commodi, c. vi et vu.

DE LKdLISb; D'AI'KIQUE. 37

et coniptail pariiii ses couipaj^nous des enfants chrétiens, comme l'insinue ^Elius Spartianus^ Mais, suivant l'observation que je faisais tout à l'heure, ces dispositions bienveillantes de l'empereur dans les premières années de son règne n'empêchaient pas les persécutions locales. L'Afrique chrétienne, en particulier, eut à souffrir de l'intolérance des proconsuls vers la tin du deuxième siècle, et ce fut Vigellius Saturninus ([ui vint inaugurer à Carthage l'ère sanglante au milieu de laquelle TertuUien allait élever la voix. Pour bien déterminer toutes les circonstances de cette lutte mémorable, je crois utile d'ajouter quelques détails sur les premiers martyrs de l'Afrique; car c'est à eux que l'éloquent écrivain va consacrer les prémices de son talent.

Dans une lettre adressée à saint Augustin, le grammairien Maxime de Madaure cherchait à tourner en ridicule les noms des premiers martyrs de l'Afrique chrétienne. « Qui pourrait supporter, écrivait-il à l'évèque d'Hippone, de voir préférer à Jupiter Tonnant un Miggin, à Junon, à Minerve, à Vénus et k Testa, une Sanaë, et à tous les dieux immortels l'archimal'tyr Namphanion, Lucitas et tant d'autres dont vous vénérez les corps*? » Saint Augustin lui répond avec raison que les catholiques rendent à Dieu seul un culte d'adoration, bien qu'ils vénèrent la mémoire de ceux qui sont tombés pour la vraie foi. L'adversaire de Maxime s'étoime à bon droit qu'un auteur africain puisse ignorer que Namphanion est un mot puni(pie qui signifie apporter le bonheur. Or, cette qualiiication d'archimartyr me semble indiquer que Namphanion ouvre la liste des martyrs de l'Afri(fue ; car si

I. TpvlnW., ad ficap II lam. \\: .i:iiiis Spaiti.iiiii^^. Vie de Caracalla^ci. ■2. S. Aiifjltsl., K|i. \M !■[ \\v\ii.

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ce titre voulait expriincr la dignité et non rancienneté, il eûl convenu bien davantage à saint Cyi)rien, le premier évêque africain qui ait confessé l'Évangile au prix de son sang*. Il est donc permis d'inscrire en première ligne, dans les fastes de l'Église d'Afrique, ce groupe de martyrs auquel appartiennent Namphanion, Miggin, Sanaë et Lncitas^. Mais la fureur du proconsul Vigellius Saturninus ne s'arrêta point à ces premières victimes. Bientôt les prisons de Carthage se remplirent de chrétiens. Agrippinus était alors évêque de cette ville. C'est lui (jui le premier de tous, dit Vincent de Lérins, avait fait décider par un concile d'évêques qu'il fallait rebaptiser les hérétiques à leur rentrée dans le giron de l'Église : funeste mesure qui allait ouvrir la porte à ces malheureuses controverses où devaient s'égarer Tertullien et saint Cyprien \ Du moins son zèle fut-il à la hauteur des circonstances critiques dans lesquelles se trouvait l'Église de Carthage. Grâce à ses soins, les confesseurs de la foi reçurent tous les soulagements du corps et de l'àme que demandait leur situation. Les diacres allaient leur porter la nourriture nécessaire, et sans doute les magistrats païens ne demandaient pas mieux que d'abandonner aux chrétiens le soin de pourvoir à la subsistance de leurs frères captifs. L'histoire ne nous a pas conservé les noms de tous ces généreux athlètes ; mais les actes de sainte Perpétue, bien que relatifs à des événements arrivés cinq années plus tard, mentionnent quelques martyrs exécutés auparavant, et nous permettent

1. Poiiti^^.e, Vita Cypriani, W i9. .MorcelU est du même avis daus sou Africa christiana, vol. II. p. 48. Brescia, 1816.

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