‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 160 sur 234 · Scorpiaque, xv · texte numérisé non relu

Scorpiaque, xv

DANS SA LTl lE AVEC F.E PAGANISME. 309

A répoque où TertuUien composa ce panéeryrique du" martyre, il était déjà engagé dans les erreurs du montanisme ; car lui-même nous apprend que le Scorpiaque est postérieur à l'ouvrage contre Marcion, dans lequel les doctrines de la secte asiatique se montrent à découvert'. L'opuscule que nous venons de parcourir n'en est pas moins digne d'attention, car il prouve qu'en dehors des points controversés entre les montanistes et l'orthodoxie chrétienne, le prêtre de Carthage retrouvait toute la vigueur et la sûreté de sa logique. C'est ce qui fait, Messieurs, que l'autorité de cet homme célèbre n'a guère été amoindrie par sa chute, en tout ce qui ne touche pas à l'ordre d'idées que je viens d'indiquer. Grâce à Dieu, il n'en a pas été de lui comme de beaucoup d'autres qui, une fois dévoyés, ont descendu rapidement la pente de l'erreur pour arriver à la négation de l'Église ou du christianisme lui-même. Bien que le montanisme aboutisse logiquement à des conséquences non moins graves, comme nous l'avons démontré la dernière fois, TertuUien s'arrêtait aux limites d'une réforme qui lui semblait purement disciplinaire. De là ce spectacle assez étrange d'un homme qui se sépare de l'Église sur des points de morale fort importants, et qui n'en continue pas moins à déployer une ardeur infatigable contre toutes les hérésies de son siècle. Pour nous en tenir au genre d'écrits qui embrassent la vie et la société chrétiennes dans leurs rapports avec le paganisme, il nous est permis de conclure que l'auteur du Scorpiaque n'a rien perdu des grandes qualités qui nous avaient frappés dans le Discours adressé naguère aux confesseurs de Carthage. De

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