‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 194 sur 234 · Alcibiade,ihid., p · texte numérisé non relu

Alcibiade,ihid., p

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biens sensibles, et riiésitatioinlii [)liilosophe touchant l'objet de la demande prouve précisément à quel point la conscience j)aïenne restait enveloppée de ténèbres. Certes, il y a i)his d'élévation dans la prière que l'auteur du second Alcibiadc attribue aux Lacédénioniens : « Dieux, donnez-nous rhounèle avec l'utile'. » Si vague que soit cette l'onuide, vous diriez un écho anticipé de la prière chrétienne. Au moins les dons spirituels y occupent-ils la place qui leur revient. Il en est de même des voîux que Sénèque et Juvénal adressent aux dieux. Il est vrai qu'à l'époque où ils écrivaient, l'esprit public se modifiait déjà sous l'influence secrète des idées chrétiennes, du moins dans les rangs supérieurs delà société. Ce qui prouve cette intluence que le stoïcien subissait à son insu et malgré lui, c'est que la prière de Sénèque se trouve en pleine contradiction avec ses doctrines. Après avoir enseigné tant de fois que le sage ne puise de force morale qu'en lui-même, il s'oublie jusqu'à demander aux dieux « le bon sens, la santé de l'esprit et celle du corps - ». Juvénal n'est ni moins explicite ni plus d'accord avec ses principes. La prière qui termine sa dixième satire, sur les vœux, est certainement ce que l'antiquité païenne nous a transmis déplus remarquable à cet égard. Le poète vient de montrer par de nombreux exemples que les hommes demandent souvent des maux réels, en croyant solliciter de vrais biens ; puis il se pose cette question, si donc il faut s'abstenir de tout vœu :

« Crois-moi, répond Juvénal, laisse aux dieux le soin d'apprécier ce qui nous convient, ce qui peut nous être utile.

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