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œuATes de Dieu en obéissant à ses lois. Si, en effet, l'univers a pour but la glorification de son auteur, il doit résulter de toutes les parties de ce vaste ensemble un concert merveilleux dans lequel chaque être a sa voix. Ici la notion de la prière s'élargit pour se confondre avec l'hommage que les œuvres du Seigneur rendent à ses infinies perfections. Cette élévation de la nature vers Dieu n'est sans doute qu'un symbole de la louange qui doit jaillir du cœur de l'homme. C'est à lui, représentant du monde créé, qu'il appartient d'exprimer cette harmonie universelle dans un langage plein de foi et d'amour. Envisagée sous cette forme, comme acte d'adoration, ou même comme action de grâces pour tous les biens dont nous jouissons, la prière n'a jamais été attaquée par quiconque admet l'existence de Dieu. Le rationalisme conteste de préférence l'efficacité de cet acte en tant qu'il contient une demande, les résultats tant moraux que physiques dont Tertullien vient de nous tracer le tableau. Or la grande difficulté que les sophistes nous opposent, c'est que la prière ainsi formulée ne se concilie pas avec l'immutabilité divine, et qu'elle ne réclame rien moins qu'une dérogation formelle aux lois de la nature, ou un miracle. Cette objection, déjà développée par Rousseau dans la Profession de foi du vicaire savoyard, je la trouve résumée dans toute sa force par l'auteur d'un liATe plus récent sur la Religion naturelle.
« Dès qu'on réfléchit sur la perfection de Dieu, il devient impossible d'admettre qu'il puisse changer quelque chose à ce qu'il a voulu, et que ce changement puisse avoir pour cause les intercessions d'un être aussi frivole, aussi imprévoyant que l'homme. On a beau chercher une issue : si Dieu