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d'Afrique. D'après Vincent de Lérins, Agrippinus, évèfiuc di- Cartilage, est le premier (jui, eu occident du moins, ait soutenu qu'il faut rebaptiser les hérétiques avant de les recevoir au giron de l'Église'. Un concile de soixante-dix évèques africains, réuni vers l'an 197, confirme celte sentence. Tertullien ne pouvait manquer d'applaudir à une mesure qui convenait si bien à la rigidité de son caractère: peut-être même en a-t-il été l'un des promoteurs les plus actifs. Déjà il avait composé un traité en langue grecque pour démontrer la nullité du baptême conféré par les hérétiques. En adressant aux catéchumènes le discours que nous venons de parcourir, il reprend la même thèse dans un passage qui mérite d'être remarqué, parce qu'il contient le germe de la fameuse controverse agitée plus tard entre saint Cyprien et le pape saint Etienne.
« Que faut-il observer à l'égard des hérétiques? Voilà ce qu'il s'agit d'examiner mûrement. C'est à nous que la véritable règle a été tracée. Les hérétiques n'ont aucune part à notre discipline, puisque, séparés de notre communion, ils ne sont plus que des étrangers. Je ne dois pas reconnaître en eux ce qui m'a été prescrit, parce qu'ils n'ont ni le même Dieu, ni le même Christ que nous. Conséquemment, ils n'ont pas l'unité du baptême, parce que leur baptême diffère du nôtre. Ne l'ayant pas tel qu'il doit être, ils n'en ont aucun, indubitablement. Impossible de compter ce (|ui est nul ; impossible de recevoir le baptême chez eux, puisqu'ils ne l'ont pas. Du reste, nous avons déjà exposé plus au long cette matière dans un traité écrit en grec '. »