‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 28 sur 234 · I. Ad MdHyres, iv · texte numérisé non relu

I. Ad MdHyres, iv

LE Dl SCOLUS AUX MARTYRS. 53

Non, sa conclusion est toute différente. Si l'intérêt d'une réputation éphémère a pu inspirer à quelques hommes une telle patience, qu'est-ce que le chrétien ne devra pas endurer pour acquérir une couronne incorruptible?

« Si la gloire terrestre, s'écrie l'éloquent écrivain, peut communiquer à l'àme et au corps assez de vigueur pour mépriser le glaive, le feu, la croix, les bêles féroces, les tortures, alin de recueillir quelques louanges humaines, je puis dire que les souffrances de la vie présente sont peu de chose eu comparaison de la gloire céleste et des récompenses divines. Si l'on estime à tel prix le verre, que sera-ce des perles? Qui refuserait de faire autant pour la réalité que les autres pour des chimères ? Mais je laisse de côté la gloire mondaine. Ne voit-on pas aujourd'hui des hommes fouler aux pieds avec un misérable orgueil, et par je ne sais quelle maladie de l'àme, toutes les privations et toutes les cruautés de la lutte? Que d'oisifs une vaine affectation pousse au métier de gladiateur ! Ils aiment à s'exposer à la dent des bêtes féroces, et se regardent comme d'autant plus beaux qu'ils sont plus sillonnés de morsures et de cicatrices. Les uns se sont engagés à parcourir un certain espace sous une tunique enflammée ; les autres marchent avec une fermeté impassible sous les coups qui pleuvent sur leurs patientes épaules. Ce n'est pas en vain, bienheureux confesseurs, que le Seigneur a permis ces exemples dans le monde ; mais pour nous encourager aujourd'hui et nous confondre au dernier jour, si nous craignons de souffrir pour la vérité et le salut les maux que d'autres recherchent pour la vanité et la perdition \ »

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