I.KS nu \ I.IVIÎKS AI \ >All(tNS
vous-iiu'iut's : les crimes (jiic vous nous supposez, je les montrerai chez vous, alin que vous soyez blessés par vos propres glaives '. » Cette rétorsion était fort habile: aussi tous les apologistes en ont-ils fait usage, mais nul n'égale Tertullien dans l'emploi de cette arme qu'il manie avec une force et une dextérité uniques. Vous nous accusez, s''écrie l'éloquent écrivain, d'avoir abandonné les institutions de nos pères. Mais est-il une seule chose dans l'antiquité que vous ayez respectée? N'avez-vous pas abandonné votre culte national pour de nouvelles superstitions ? X'est-ce pas vous qui méprisez vos dieux en les vendant à Pencan, en gros et en détail. <'n les aflermant parmi vos revenus, en les soumettant aux impôts, en permettant à vos poètes et à vos littérateurs de se donner libre carrière contre eux par leurs contes ridicules et infâmes ? Sur la foi de Tacite, si fertile en mensonges, vous avez rêvé (jue notre Dieu était une tête d'âne; et, ces jours derniers encore, un homme, qui n'a de juif que la peau qu'il a perdue, j)romenait contre nous, dans cette cité, une image avec Tinscription : onoclwetès (race d'ànes). Mettons qu'il en soit ainsi. Mais, n'adorez-vous pas toute la race des ânes, et, aves leur déesse Épone, toutes les bêtes de somme, tous les troupeaux, tous les animaux que vous consacrez, eux et leurs étables ? N'avez-vous pas des dieux à tête de chien, d'autres à tète de lion, de bœuf, de bélier, de bouc, des dieux cornus, des dieux à jambes de chèvre, à queue de poisson et de serpent ? Que sais-je encore? Ceux-ci ont des ailes aux pieds ; ceux-là au dos et à la tète... Nous adorons une croix, dites-vous. Mais vous, n'adorez-vous point, par