‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 41 sur 234 · Ad Xationes, u. i · texte numérisé non relu

Ad Xationes, u. i

80 1.1:; S ni:i X i.ivr, r.s ai \ nations.

])liisiiti(|ii('ceplansyméiriquequirésunieledeuxièmediscours aux nations. C'est à Varron queTertullien cuiprunU' l'idée do sa division. Cet écrivain, le plus docte des Romains au jugement de Cicéron, avait composé sous le titre d' Antiquités un ouvrage (jui n'est pas arrivé jusqu'à nous et (jui embrassait toutes les opinions religieuses du vieux monde. Lactance et saint Augustin ont également cité ce volumineux travail comme le répertoire le plus complet des erreurs qu'ils rétiitt'iit. Eu k' suivant coiiiiii»' un guide sur au milieu du dédale des croyances polythéistes, ïerUiiiien combat tour à tour le naturalisme pantliéistique des philosophes païens, l'anthropomorphisme mythologique des poètes et le tétichisme populaire. Telles sont, en effet, les différentes formes sous lesquelles se présentent les religions de l'antiquité dans l'ordre de leur développement successif, ainsi que nous l'avons établi en parlant des œuvres de saint Justin.

Dans la partie consacrée aux philosophes, Tertullien refait le tableau de leurs variations et de leurs contradictions, à l'exemple des apologistes qui l'ont précédé. Il s'attache en particulier à montrer que tous ces systèmes se réduisent à diviniser les éléments de la nature, et à confondre ainsi l'effet avec la cause, le monde avec son auteur. Or, il y a une distance infinie entre Dieu et l'univers qui est son œuvre. L'éternité est un attribut essentiel de la divinité, tandis que les éléments ont commencé d'être avec le temps. Le mouvement dont k'S corps sont doués suppose un moteur universel (jui le It'ur communique sans avoir reçu lui-même aucune impulsion étrangère. Les diverses parties qui composent cet ensemble que nous voyons peuvent s'altérer, grandir ou décroître: au contraire, l'immutabilité est le propre de Dieu. Si,

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enlii), la nature exerce sur l'homme une inlluence favorable ou malfaisante, ce n'est pas une raison pour la déifier ; elle n'est qu'un instrument docile entre les mains de Celui qui la gouverne à son gré\ Pour rendre cette idée sous une forme saisissante, l'apologiste africain prodigue ces comparaisons dont il sait faire un emploi si heureux, lorsqu'il veut mettre en relief un point quelconque de la doctrine :

« Ce n'est pas aux choses mêmes qui nous font du bien ou du mal que nous adressons notre reconnaissance ou nos plaintes, mais à ceux qui les ont sous la main et les dirigent comme l)on leur semble. Dans vos divertissements, ce n'est pas à la flûte ou à la guitare que vous décernez une couronne pour prix ; c'est à l'artiste qui a su tirer des sons harmonieux de la guitare et de la flûte. De même, que l'un de vous tombe malade, il ne remerciera de sa guérison ni la laine, ni les antidotes, ni les potions, mais le médecin dont la main expérimentée a su les lui administrer à propos. Dans des rencontres dangereuses, le blessé ne s'en prend ni au glaive ni à la lance qui l'a frappé, mais à l'ennemi ou au brigand. Ceux ({ui souffrent de l'intempérie des saisons dans une chétive masure n'accusent ni les tuiles ni les crevasses, mais la vétusté du bâtiment; de même que les naufragés, au lieu d'imputer leurs malheurs aux écueils et aux flots, maudissent la tempête. Ils ont raison ; car il est certain que tout ce qui arrive doit être attribué non pas à l'instrument, mais à la main qui le dirige, parce que la responsabilité de l'événement retombe sur celui qui a établi la chose par laquelle le fait s'accomplit 2. »

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