‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 59 sur 234 · Apolog., V · texte numérisé non relu

Apolog., V

114 L'APOLOGETIQUE.

Tertullien raconte do Til)èro ne laisse pas do paraître quelquo peu étrange. J'admets volontiers que Pilato ait rendu comptt! à l'empereur d'un événement qui avait fait tant de bruit dans la province qu'il gouvernait: nous voyons par la lettre de Pline le jeune à Trajan, que les proconsuls avaient coutume d'adresser au chef de l'État de pareils rapports sur les faits mémorables (jui so passaient dans le ressort de leur administration. Aussi saint Justin, d'accord sur ce point avec Tertullien, en appoUo-t-il avec confiance aux actes officiels de Pilato, ce qui ne permet guère de douter que cette pièce ait réellement existé dans les archives de Tempire, bien qu'il ne faille pas la confondre avec d'autres documents fabriqués plus tard sous le même nom\ De plus, il est fort possible que Tibère^ frappé de la relation de Pilate, ait eu un instant l'idée de mettre Jésus-Christ au rang des dieUx de l'empire; mais, ce qui pèche contre toute vraisemblance, c*est l'hypothèse d'une proposition de ce genre soumise au sénat et rejetée par luii La servilité de ce corps sous Tibère nous interdit de supposer une telle résistance, si le prince avait en effet témoigné le désir de faire une apothéose. Enfîni comme on ne dénonçait pas encore les chrétiens dans ce temps-là, l'édit de protection dont parle Tertullien n'aui-ait pas même eu de raison d'être. Il y a donc dans cette narration un fond de vérité entremêlé de détails d'une authenticité suspecte. J'en dirai autant de la prétendue lettre de Marc-Aurèle, relative au miracle de la légion fulminante. Saint Jérôme et Paul Orose parlent également de cette pièce que l'on ajoute d'ordinaire à la première apologie de saint Justin ; mais tout porte à croire qu'elle est

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