SEPTIEME LE(;OX
Le crime de lèse-majesté imputé aux chrétiens. — Gravité de ce chef d'accHsatiou daus le système politique inauguré par Tibère. — L'apothéose impériale, dernier mot du polythéisme romain. — Les actes proconsulaires des martyrs scillitaius daus leurs rapports avec l'Apologétique de Tertullien. — La doctrine chrétienne sur la distinction des deux pouvoirs. — Basses adulations d'Horace et de Lucaiu. — Mâle fei'meté de langage des apologistes. — Tertullien sait concilier le respect du pouvoir avec la dignité de la conscience chrétienne.— La divinisation de César dans le pauégjTique de Trajan par Pline. — La flatterie conduisait les païens au mépris de l'autorité : facétie de Séuèque sur la mort de Claude. — Ni factieux ui servîtes, telle était la devise des premiers chrétiens.
Messieurs,
l'ainii lotis les griefs que les magistrats de l'empire faisaient valoir contre les chrétiens, il n'en était pas de plus redoutable pour ces derniers que l'accusation de lèse-majesté. Ne pas adorer les dieux de l'Olympe paraissait chose ^rave ; mais à côté de ces dieux, il y en avait un autre, auquel on croyait moins, mais que l'on craignait plus: ce dieu, c'était l'empereur. En refusant de reconnaître la divinité des Césars, (le jurer par leur génie, d'offrir des sacrifices en leur honneur, les chrétiens, disait-on, outrageaient la majesté impériale. Or, ce crime entraînait de soi la peine de mort. Voilà pourquoi cette prévention était devenue l'arme favorite qu'employaient les proconsuls pour atteindre plus sûrement l'objet de leur haine.