‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 69 sur 234 · I. Apolog., XXX · texte numérisé non relu

I. Apolog., XXX

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Je iloiUf, Messieurs, (lu'iiu ])oiivoir quelconque sur la terre eût entendu jus(ju'alors un pareil langajj^e; et je ne sais si depuis ce moment-là l'éloquence chrétienne a jamais fait entendre aux souverains une parole à la fois plus respectueuse et plus dijïne. Vous avez beau parcourir les monuments de la littt'ratnre profane, vous ne trouverez rien qui égale cette noblesse de sentiments. Dans les monarchies de rOrient, c'est la tlatterie poussée jusqu'au servilisme le plus abject; dans la Grèce républicaine, c'est l'insolence d'une démagogie impatiente de tout frein. Tertullien sait allier au respect pour ce qu'il appelle la seconde majesté, les mâles accents de la liberté évangélique. Il salue dans l'empereur l'image ou la représentation vivante de la Divinité, mais il se refuse à voir en lui un dieu. Assurément, il peut sembler étrange qu'à une époque quelconque de l'histoire on ait eu besoin de prouver qu'un sinq^le mortel ne saurait prétendre à un caractère absolument incommunicable: le bon sens le plus vulgaire aurait dû suffn-e pour défendre les peuples contre une telle surprise. Mais il n'est que trop vrai, l'ivresse d'un pouvoir sans limites a fait éclore dans le cerveau de quelques hommes ces rêves insensés qui nous paraissent tenir de riiallucination nirnialc Tertullien a sans doute raison de dire qu'Auguste avait refusé le titre de Seigneur, comme Suétone le rapporte: mais tout le monde sait qu'Auguste se souciait fort peu des noms, pourvu qu'il possédât la chose elle-même. N'avait-il pas permis qu'on l'adorât dans les provinces et qu'on achevât, en l'honneur de son génie, le temple commencé à Athènes en l'honneur de Jupiter Olympien^ ? Quant à ses successeurs, ils poussèrent jus(|u'au

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