‹ Tertullien (volume 2)Chapitre 70 sur 234 · LE CRIME DE LÈSE-MAJESTÉ · texte numérisé non relu

LE CRIME DE LÈSE-MAJESTÉ

délire la manie île rapotliéose. Du reste, il faut bien le dire, dans ces débauches de Torgueil humain une large part revient à ceux qui s'en étaient faits les complices. Poètes et littérateurs, tous avaient encensé l'idole et fait prendre le vertige à ces tètes trop faibles pour résister à une adulation perpétuelle. Je ne mentionnerai pas Horace, ce parasite de génie, qui du moins voilait encore sous un nuage de poésie mythologique ce qu'avait de révoltant l'apothéose d'Auguste'. Mais, comme contraste à ce langage si ferme et si élevé de Tertullien, laissez-moi vous citer l'hymne que chantait à la gloire d'un César tel poète républicain dans lequel on se plaît d'ordinaire à voir un des grands caractères de l'époque, je veux parler de Lucain.

« Lorsque, ta carrière une fois achevée en ce monde, tu remonteras tardif vers la voûte céleste,... soit que tu veuilles tenir le sceptre des cieux, soit que, nouveau Phébus, tu veuilles donner la lumière à ce monde que n'affligera pas la perte de son soleil, il n'est pas de divinité qui ne te cède sa place, et la nature te laissera prononcer quel dieu tu consens à devenir, où il te plaît de mettre la royauté du monde... Ne te place pas à l'une des extrémités de l'univers : l'axe du monde perdrait l'équilibre et serait entraîné par ton poids. Choisis le milieu de l'éther, et que là le ciel pur et serein n'olïusque d'aucun nuage la clarté de César. »

Tel est le dithyrambe que composait Lucain, l'admirateur deCaton; et en l'honneur de qui? de Néron. .Jugez par ce

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