Apolog.ywn
ACCOKI) PK LA IIAISON AVEC i.A FOI. 167
juste de vouloir y cherclier une confusion de l'ordre naturel avec l'ordre surnaturel. L'apologiste ne prétend nullement que l'âme tire de son propre fonds ce qui la fait entrer en participation de la grâce et de la doctrine du Christ. Dans l'opuscule même qui nous occupe, il répète à diverses reprises que l'âme ne naît pas chrétienne, mais le devient*. Il s'agit donc de renfermer la proposition dans les limites que son auteur a voulu lui assigner : alors elle présente à l'esprit un sens exact et précis. D'après TertuUien, Tâme est naturellement chrétienne, parce qu'elle rend à certaines vérités du christianisme un témoignage instinctif et spontané. Il y a, en effet, dans le symbole catholique, à côté des mystères de la foi, un certain nombre de dogmes qui constituent ce qu'on est convenu d'appeler la théologie naturelle. Ces dogmes, que la science envisage comme les préambules ou les préliminaires de la foi, diffèrent des mystères proprement dits en ce que la raison peut les découvrir par elle-même dans une certaine mesure, et en tous les cas les démontrer à l'aide des principes qui lui sont essentiels : tels sont, par exemple, l'existence d'un Dieu unique et l'immortalité de l'âme. Or, l'intelligence humaine est ainsi faite qu'elle se sent portée à les reconnaître par une inclination naturelle dont elle ne peut se défendre. L'influence d'un enseignement vicieux a beau passer sur elle, il arrive un moment où la vérité se fait jour à travers les ténèbres qui l'enveloppent, pour se traduire dans un cri d'autant plus expressif qu'il est plus naturel. De là ces locutions familières qui échappaient aux païens et que Tertullien recueille avec soin comme autant d'hommages