‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 103 sur 211 · Maximes et réflexions, p. 545 et suiv · texte numérisé non relu

Maximes et réflexions, p. 545 et suiv

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ment si sévère sur leurs propres œuvres, sur des productions dont le but n'est certes pas immoral, il faut bien qu'ils aient été fortement pénétrés des dangers du théâtre. Quinault déplorait amèrement et cherchait à racheter, par les plus durs exercices de la pénitence, le mal qu'avaient pu produire ses opéras. LuUi mourait sur la cendre en gémissant au souvenir de ses compositions musicales. Dans une lettre adressée à l'un de ses amis, Gresset avoue qu'il souffrait intérieurement d'avoir travaillé pour le théâtre ; et pourtant ni Sidney ni le Méchant ne sont des pièces déshonnêtes \ En présence de ces inquiétudes et de ces regrets, il peut paraître quelque peu téméraire de vouloir s'élever contre l'opinion des maîtres de la scène. Que si, cependant, l'on persistait à taxer d'exagération le sentiment de Tertullien et de Bossuet, un écrivain que nul ne peut accuser d'avoir obéi à des scrupules de piété se chargerait de confirmer la thèse des moralistes chrétiens. Cet adversaire inattendu des spectacles, c'est J.-J. Rousseau.

Dans le'VIP volume de l'Encyclopédie, à l'article Genève, d'Alembert conseillait aux habitants de cette ville d'établir au milieu d'eux un théâtre de comédie. Rousseau trouva le conseil très dangereux pour sa patrie, et dans le but de prévenir ses concitoyens du péril qui les menaçait, il écrivit à d'Alembert sa lettre sur les spectacles. Cette lettre est un véritable traité qui, à l'exception de quelques passages oii le genre déclamatoire de Rousseau se déploie dans des tirades trop chargées, renferme des appréciations aussi justes que sévères. Après avoir établi en général qu'un spectacle est un

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