Deldoi.,x
réprouver comme entaché d'idolâtrie. Quoi de plus innocent, par exemple, que dMUuminer les maisons à la fêle du sou* verain, et d'orner à cette occasion les portes de guirlandes de laurier? Mais comme dans l'esprit des païens, ces démons* trations extérieures prenaient le caractère d'un culte religieux, n'était-ce pas de la part des chrétiens rendre un hom« mage tacite à la divinité de César ? Tertullien n'hésite pas à trancher la question dans ce sens; il avoue toutefois que beaucoup de fidèles ne se faisaient pas scrupule d'accomplir un acte qu'ils regardaient comme un honneur purement civil. « Laissez, s'écrie-t-il d'un ton ironique, laissez à ceux qui n'ont pas la lumière, le soin d'allumer tous les jours des lanternes! Laissez à ceux qui sont menacés d'un feu vengeur le privilège d'attacher à leurs portes des branches de laurier destinées à brûler plus tard ^ » De même, il y avait dans l'année certains jours fixés pour les paiements, où les uns recevaient les honoraires de leur charge, tandis que d'autres réglaient leurs comptes avec leurs débiteurs. La coutume avait également introduit des époques déterminées où l'on échangeait des présents, où l'on donnait et recevait des étrennes, etc. Assurément, ces divers usages n'avaient rien de répréhensible en soi. Toutefois, en remontant à leur origine, il n'était pas difficile d'y retrouver quelque superstition, un souvenir de Saturne, de Janus, ou de telle autre divinité païenne. Dès lors n'était-ce pas frayer avec le polythéisme que de suivre ces traditions ? Tertullien, toujours porté vers les opinions sévères, se prononce hautement contre toute participation à de tels usages «• A coup sûr voilà une exagération