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sur le point de recevoir la blanche couronne du martyre, plus glorieuse que l'autre, il attend au fond d'un cachot les largesses du Christ *. »
Tel est le fait qui avait mis en émoi l'Église de Carthage. On blâmait généralement l'acte de ce soldat comme inspiré par un zèle intempestif et outré. A quoi bon cette protestation isolée, qui avait l'air d'un blâme jeté sur la conduite du reste des soldats chrétiens ? Pourquoi braver ainsi la colère publique et rallumer les persécutions à propos d'une chose indifférente, d'un usage militaire qui n'avait rien de répréhensible ? N'était-ce pas se jeter en désespéré au devant de la mort, et s'exposer aux supplices de gaieté de cœur sans motif suffisant ? Tertullien ne fut pas de cet avis : îl trouva la conduite du soldat héroïque, et celle de ses compagnons souverainement blâmable. Il développa ses preuves dans un écrit spécial, plein de verve et d'originalité, mais où la force du raisonnement n'égale pas la hardiesse et la véhémence du langage. On voit dès le début que la colère lui a fait prendre la plume et qu'elle va le pousser à des extrémités ou la passion étouffe la logique. Ses adversaires lui disaient : Où est-il écrit qu'on ne doive pas porter de couronne ? Ce qui n'est pas prohibé est permis par le fait même. La réponse de Tertullien est curieuse. — Vous me demandez, leur dit-il, oh il est écrit qu'on ne doive pas porter de couronne : eh bien, je vous demanderai à mon tour où il est écrit qu'on doit en porter. Si vous arguez du silence de l'Écriture pour soutenir votre opinion, je retournerai l'argument contre vous et je dirai qu'il est défendu de porter une couronne par