De Corona mil. y vu, xii, xiii
262 LA COUROJNNli! DU SOLDAT.
quelque divinité, ses réclamations eussent été parfaitement justifiées; mais, malgré toute l'érudition qu'il déploie en recherchant l'origine des couronnes, il n'établit nullement ce point essentiel. Les païens attribuaient bien à Mercure l'invention des lettres : fallait-il pour cela s'abstenir de la littérature, sous peine de commettre un acte d'idolâtrie? TertuUien lui-même est obligé de reconnaître que toutes les substances, en tant que créatures de Dieu, sont pures, et à ce titre d'un usage général, bien que la manière d'en user ne soit pas indifférente. De plus, il n'hésite pas à convenir qu'il est une foule d'objets consacrés par les païens à leurs divinités et dont les chrétiens pouvaient se servir sans le moindre scrupule : autrement la vie serait devenue impossible *. Or, cette simple réflexion, dont la justesse est évidente, ne suflSrait-elle pas pour enlever à son argument toute sa valeur ? Aussi, pour échapper à une objection qui l'embarrasse, TertuUien se rejette-t-il sur ce que l'usage des couronnes était totalement ignoré dans l'Ancien Testament. « Ni Ip temple de Dieu, dit-il, ni l'arche d'alliance, ni le tabernacle du témoignage, ni l'autel, ni le chandelier n'ont été couronnés; le peuple juif a toujours ignoré [un tel usage, exclusivement païen ^. » Singulière inadvertance de la part d'un homme si versé dans la science des Écritures! Rien n'est moins exact que cette assertion émise avec tant de confiance. Dans le livre de l'Exode il y a plus de dix passages où il est question des couronnes d'or qui surmontaient l'arche d'alliance et l'autel. Une couronne d'or, dit l'Ecclésiastique, entourait la mître d'Aaron et des grands-prêtres ses successeurs. Isaac compare la justice