UN CAS DÉ CONSCIENCE AU III» SIÈCLE
à la couronne qui ceint le front des époux. L'usage de porter des couronnes en signe de réjouissance était si commun parmi les Juifs que les prophètes emploient de préférence cette image comme expression de la joie*. TertuUien n'aurait pu choisir un plus mauvais argument. Est-ce l'effet d'une préoccupation, ou le désir de trouver des armes partout, :
même dans le camp de l'ennemi? Ce qu'il y a de certain, c'est que l'Ancien Testament n'était pas favorable à sa thèse. . Le prêtre de Carthage est mieux inspiré lorsqu'il répond par ce mot sublime à ceux qui auraient été tentés de lui opposer l'exemple de Jésus-Christ couronné d'épines : « Faites-vous couronner de la sorte, vous en avez toute liberté '. » La réplique est bonne, et vaut mieux que tous les raisonnements qui précèdent.
Au fond, TertuUien en voulait moins à la coutume contre laquelle il s'élève avec tant de vivacité qu'au service militaire lui-même. Voilà l'explication de son plaidoyer, et du reste il ne s'en cache pas. J'ai dit. Messieurs, qu'il s'était déjà dure^ ment exprimé à cet égard dans son traité sur ridoldtrie. Il lui était impossible de ne pas manifester de nouveau ses antipathies, en discourant sur les accidents d'une profession qui lui paraissait blâmable en principe. Aussi pi*ofite-t-il de l'occasion qui lui est offerte pour exécuter une charge à fond contre le métier des armes : l'attaque est d'une vigueur sans pareille, mais je crains fort qu'en voulant détruire l'erreur, elle n'atteigne du même coup la vérité.
« Croyez -vous qu'il soit permis à un chrétien d'ajouter au
1. Exjde, XXV, 11, XXX, 3; Eceli., xlx, 14; laaïe, xli, 10; Ezéch., xxîv, 23, xxm, 42, etc.