‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 129 sur 211 · De Corona mil,, ix · texte numérisé non relu

De Corona mil,, ix

serment fait à Dieu le serment prêté à un homme, et de se mettre aux gages d'un autre maître après qu'il s'est engagé au service du Christ? D'abjurer père, mère, toute espèce de prochain que la loi ordonne de respecter et d'aimer après Dieu, que l'Évangile a également honorés, en ne mettant audessus d'eux que le Christ seul? Lui sera-t-il permis de vivre l'épée à la main, quand le Seigneur a déclaré que quiconque se servirait de l'épée périrait par l'épée? Ira-t-il au combat, lui, le fils de la paix, à qui la dispute niéme n'est pas permise? Infligera-t-il à autrui les chaînes, la prison, les tortures et les supplices, lui qui ne sait pas venger ses propres injures? Fera-t-il ses stations pour un autre, de préférence au Christ, ou bien le jour du Seigneur, alors qu'il n'en fait pas même pour le Christ? Veillera-t-il devant les temples auxquels il a renoncé? Soupera-t-il aux lieux qu'interdit l'apôtre? Ceux qu'il a mis en fuite le jour par ses exorcisme^, les défendra-t-il la nuit, s'appuyant et se reposant sur la lance avec laquelle a été percé le côté du Christ? Portera-t-il aussi l'étendard rival du Christ? Demandera- t-il la livrée du prince, lui qui a déjà reçu celle de Dieu ? Le mort qui attend la trompette de l'ange pour se réveiller sera-t-il troublé par la trompette qui réveille le soldat? Le chrétien sera-t-il brûlé, d'après la discipline du camp, lui à qui il n'est pas permis de brûler, lui que le Christ a délivré de la peine du feu? Combien d'autres actes dans le service militaire, qui ne peuvent être envisagés que comme des prévarications! N'en est-ce pas déjà une que de s'enrôler dans le camp des ténèbres lorsqu'on appartient au camp de la lumière * ? »

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