‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 15 sur 211 · I. Dion Cassais, L lxxii, c. iv · texte numérisé non relu

I. Dion Cassais, L lxxii, c. iv

opposer aux progrès de l'Évangile une barrière réputée nécessaire pour sauver le culte de l'État menacé de toutes parts ^ Mais, déjà auparavant, la religion chrétienne avait eu à souffrir de la violence de ses adversaires. Aussi longtemps que le décret de Trajan, déclarant le christianisme une religion illicite, continuait à fournir une base légale à la persécution, les fidèles ne pouvaient se flatter d'être à l'abri de l'intolérance païenne. L'indifférence d'un empereur, ou même ses disposi^ tions bienveillantes, pouvaient bien ralentir la marche de la persécution, mais non l'arrêter entièrement. Que fallait-il, en eflTet, pour rallumer la colère des idolâtres sur un point quel* conque du monde romain?. Le caprice d'un proconsul s'ar* mant contre les chrétiens d'un édit non révoqué; un soulèvement populaire provoqué par une calamité publique qu'on attribuait aux ennemis des dieux protecteurs de l'empire ; le refus des fidèles de prendre part à des fêtes ou à des réjouissances auxquelles venaient se mêler certaines pratiques supers-* titieuses, etc. Yoilà autant de causes ou de prétextes pour se déchaîner contre ceux que l'on regardait comme les ennemis des dieux et de l'État: excitée par les passions du moment^ la persécution pouvait sévir dans une partie de Tempire sans s'étendre aux autres. Il ne faut donc pas s'étonner si, même depuis Marc-Aurèle jusqu'à Septime-Sévère, l'Église a compté un grand nombre de martyrs. C'est ainsi que Clément d'Alexandrie, écrivant peu de temps après la mort de Commode^ pouvait dire : « Nous voyons tous les jours à quels excès on se porte envers les chrétiens : on les met en croix.

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1. i£lii Spartiani Severtis, c.xvii. « Judœos fleri dub gravi pœna vçluiti (lem etiam de Ghristianis sanxit. »

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on les brûle, on les décapite * . » Du vivant même de Commode, et malgré la paix dont l'Église jouissait sous ce prince, un proconsul de TAsie Mineure, Arrius Antoninus,ne craignit pas d'exercer des violences contre les disciples de l'Évangile : il ne recula dans l'exécution de ses projets que devant la masse d'hommes qui se présentaient à son tribunal demandant à partager le sort des accusés*. L'édit de Trajan restait toujours en vigueur, et il suffisait d'un peu de zèle de la part d'un gouverneur de province on d'une circonstance déterminée, pour raviver la haine des païens contre le christianisme, même en l'absence d'une persécution générale.

C'est, Messieurs, ce qui explique pourquoi, dans l'Afrique proconsulaire, il y eut des martyrs avant la promulgation du nouvel édit de Septime-Sévère. S'il faut s'en rapporter au témoignage de TertuUien, ce prince n'aurait pas été hostile aux chrétiens dès le commencement de son règne. Un motif tout personnel le portait vers l'indulgence. Affligé d'une grave maladie, le soldat parvenu avait fait venir auprès de lui un chrétien nommé Proculus, intendant d'une dame romaine qui s'appelait Evhodie; or, ce chrétien l'avait guéri en l'oignant de l'huile sainte. Reconnaissant de ce bienfait, l'empereur, informé que des hommes et des femmes de la plus haute distinction avaient embrassé le christianisme, au lieu de les persécuter, porta témoignage en leur faveur, et les protégea publiquement contre les violences populaires. Tel est, du moins, le récit de TertuUien, et ce qui semble le confirmer, c'est que Caracalla, fils de Sévère, avait une chrétienne pour nourrice,

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