Sénèque, de Ira, vn-xiv
est la fin de toutes les vertus surnaturelles*, TertuUien ramasse tout son traité dans une page où éclate le talent de ce grand peintre :
« Il est donc bien vrai que la patience est un dépôt assuré dans les mains de Dieu. Es-tu offensé? confie-lui ton outrage, il te vengera; dépouillé? il se chargera de la restitution; dans la douleur? il sei;a ton médecin ; menacé de la mort ? il te ressuscitera. Admirable privilège de la patiencci que d^avoir Dieu pour débiteur. Et certes avec raison 1 Car c'est elle qui protège tous ses décrets, elle qui intervient dans tous ses com* mandements. La patience fortifie la foi, règle la paix^ soutient la charité, forme l'humilité, dispose à la pénitence, met le sceau à la confession, gouverne la chair, maintient l'esprit, fôfrène la langue, afrête la main, foule aux pieds les tentations, repousse les scandales, consomme le martyrCi La patience console le pauvre et inspii*e la modération au riche; elle n'ac^ cable pas celui qui est faible et n'épuise point celui qui est fort; elle réjouit le fidèle, attire le gentil, concilie au swviteur la bienveillance du maitre, et au maître celle de Dieu. La patience est l'ornement de la femme comme elle sert d'épreuve à l'honmie; on l'aime dans l'enfant, on l'estime dans le jeune honune, on l'honore dans le vieillard : elle est belle dans diaque sexe et à tout âge ^. »
Il y a bien dans ce brillant tableau des efifets de la patience quelque profusion de traits. TertuUien se plaît à ces accumulations de mots qui épuisent toutes les nuances de l'idée qu'il veut rendre; mais, s'il est facile d'y reconnaître le goût et la