AdNationes.l. i, c. iv
DÉFENSE DE LA RËLlGIOr^ CHRÉTIENNE. 67
ciel lui-même ne brille jamais d'une sérénité assez complète pour qu'on n'y voie pas flotter quelques vapeurs légères. Une petite tache sur le front ne sert qu'à mieux faire ressortir la blancheur et la netteté de tout le visage. L'exception^ dans ce qu'elle a de défectueux, rend témoignage à la bonté de la règle. En prouvant que quelques-uns des nôtres sont vicieux, vous ne démontrez pas que les chrétiens le soient également. Demandez plutôt quel mal on peut reprocher à la société elle-même. Vous l'avouez bien dans les conversations que vous tenez contre nous. Pourquoi un tel, dites-vous, est-il sans probité, puisque les chrétiens sont honnêtes? D'où vient qu'il est dur, tandis que les autres sont si miséri' cordieux? Tant il est vrai que vous rendez témoignage à la vertu des chrétiens, puisque si vous en trouvez un qui soit vicieux, vous vous en étonnez... On n'est pas telle ou telle chose, parce que l'on s'appelle de ce nom ; mais plutôt, parce qu'on n'est pas telle ou telle chose on en porte vainement le nom. Par là, on trompe ceux qui attribuent la chose au nom, tandis que c'est le nom qui doit être jugé sur la chose. Toutefois^ les hommes de cette espèce ne sont plus les nôtres ; ils ne fréquentent plus nos ^ssêmbléesi et ne prieilt plus avec nous ; ils sOnt rentrés dans vos f angs par leurs vices; ils vous appartiennent ^»
Voilà, Messieurs, une réponse "péremptoirCi qiii atteint bon nombre de gens par-dèsiiu^ les païens auxquels tertuUîen l'adressait. Car aujourd'hui comme alors; nous né nianquons pas de ces rigides censeurs, toujoui*â prêts à s'armer contrfe l'Église dès défauts ou des vîbes de quelques-uns de ses