‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 31 sur 211 · Ibid., 1. 1, c. vu · texte numérisé non relu

Ibid., 1. 1, c. vu

que les sectes philosophiques ont toute liberté pour attaquer les coutumes et les cérémonies païennes, on ne recoimait pas même aux disciples de l'Évangile le droit de pratiquer .un culte auquel leur conscience les oblige. De plus, les partisans du polythéisme ferment volontairement les yeux sur un fait palpable qui devrait servir aies éclairer. Ils conviennent euxmêmes que la pratique de l'Évangile produit des effets merveilleux sur la conduite de leurs fils, de leurs femmes,, de leurs esclaves. Eh bien, loin de se sentir portas à s'instruire dans une doctrine dont ils voient les résultats, ils redoublent de haine contre ceux qui l'enseignent ou la professent. « Tel mari qui, auparavant, ne pouvait entendre les rats trotter dans l'appartement sans frémir et sans concevoir des soupçons sur la vertu de sa femme, aime naieux la voir coupable que de la savoir chrétienne. » Voilà jusqu'où l'on pousse les préventions. Pour échapper à l'argument qui ressort de la vertu des chrétiens, on aime à se rejeter sur les désordres partiels qui ont pu se glisser parmi eux ; mais on parle ainsi pour s'étourdir soi-même*. J'aime, Messieurs, à citer la réponse de Tertullien> parce qu'elle réfute à mervfSïille une objection qu'on rencontre le plus souvent dans la bouche de ceux qui devraient être les derniers à la faire.

« Nous ne contesterons pas au sujet de quelques-uns leâ vices que vous leur reprochez; il suffit, pour absoudre notre nom, que nous ne soyons pas tous vicieux, qu'il n'y ait de coupables qu'un petit nombre. Prenez le corps le plus beau, le plus pur, il s'y trouvera toujours quelque défaut ou quelque imperfection, ne serait-ce qu'une verrue ou une lentille. Le

Page 1