‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 43 sur 211 · De Nat. deorum, m · texte numérisé non relu

De Nat. deorum, m

CKITIQI K ni: POLYTHÉUSMK. 89

ruiner le paganisme *. Sous Dioclétien on alla plus loin, et le traité Sur la Nature des dieux eut Tbonneur d'être brûlé avec la sainte Bible. Ce n'est donc pas sans motif que nous rapprochons l'un de l'autre le discours de TertuUien contre les superstitions païennes et la réfutation des mêmes erreurs par le philosophe romain. Quelque singulière que paraisse cette rcAContre d'esprits partant de points de vue si opposés, elle s'explique par l'absurdité manifeste du polythéisme pour un homme tel que Gicéron. Néanmoins, l'apologiste africain termine son œuvre précisément par la réfutation d'un sentiment qu'avait soutenu le spirituel académicien dans le ttaité dont je viens de parler. Il y avait deux hommes chez Gicéron, le philosophe et le pontife ou l'homme d'État. Tandis que le libre-penseur saccage à plaisir tout l'ensemble du polythéisme, l'ancien consul, membre du collège des augures, déclare prudemment que dans la pratique il s'en tient au culte des ancêtres; et dans ce même livre où il veut prouver qu'il n'y a rien de certain en fait de religion, il attribue la grandeur de Rome au respect qu'elle a toujours professé pour ses dieux *. Bref, la raison d'État lui fait admettre comme utile ce qu'il déclare absurde au nom de la raison philosophique. Ce rôle, qui malheureusement n'a trouvé depuis lors que trop d'imitateurs, cache au fond une hypocrisie indigne d'un caractère loyal. Eh bien ! le sentiment de Gicéron sur cette cause présumée de la prospérité romaine renfermait la plus grave objection que le christianisme ait eu à réfuter pendant toute la durée de l'empire. Au cinquième siècle encore, nous

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