‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 56 sur 211 · Apolog., IV, Yi · texte numérisé non relu

Apolog., IV, Yi

112 L'APOLOGÉTIQUK.

défend de consacrer aucun dieu nouveau sans l'approbation du sénat*. Voilà pourquoi Tibère, instruit de ce qui s'était passé en Palestine, proposa au sénat d'élever Jésus-Christ au rang des dieux ; et bien que le sénatus-consulte n'eût pas été rendu, l'empereur n'en persista pas moins dans son sentiment et défendit même d'accuser les chrétiens. Il n'y a donc pas, nous l'avouons, de décret officiel qui autorise notre culte. Mais vous vous en passez bien pour ce qui vous touche Malgré la défense expresse du sénat et des consuls, vous ren dez les honneurs divins à Bacchus, à Sérapis, à Isis et à Har pocrate*. Donc ne vous montrez pas si sévères envers nous Aussi n'y a-t-il que les mauvais princes qui nous aient perse cutés, et Ton peut juger de ce que nous sommes par ceux qui nous haïssent.

« Consultez vos annales, continue Tertullien, vous verrez que Néron le premier tira le glaive des Césars contre la société chrétienne qui commençait à se former, particulièrement à Rome. Or, nous nous faisons gloire de pouvoir citer un tel homme comme l'auteur de notre condamnation. Quand on connaît Néron, plus de doute que ce qu'il a proscrit ne soit un grand bien. Domitien, ce demi-Néron, avait essayé du même procédé ; mais, comme il conservait quelque chose de l'homme, il s'arrêta sur cette pente et rappela même ceux qu'il avait exilés. Voilà quels ont été nos persécuteurs, des hommes injustes, impies, infâmes; vous-mêmes, vous les condamnez en rétablissant ceux qu'ils avaient poursuivis de

1. Ce décret se trouve dans le II* livre du Traité des Lois de Cicéron : « Separalim nemo habessit Deos, neve no vos ; sed ne advenas, nisi publiée adscilos, privatim colunio. »

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