Actes dn martyrs, Dom Rninart, t. ï«^ p. 207 et siiiv
LE CRIME DE LÊSE-M AJESTÉ- 125
la réponse que faisaient les martyrs à leurs persécuteurs, a Nous, chrétiens, nous invoquons pour le salut des empereurs le Dieu éternel, le Dieu véritable, le Dieu vivant dont les empereurs eux-mêmes doivent préférer les faveurs à celles de tous les dieux réunis. Peuvent-ils ignorer qui leur a donné d'être hommes, de qui ils tiennent l'empire avec la vie? Ils sentent bien qu'il n'y a pas d'autre Dieu que lui, qu'ils dépendent de lui seul, placés au second rang, les premiers après lui, avant et par-dessus tous les dieux. En effet, supérieurs à tous les vivants, comment ne le seraient-ils pas à tous les morts? En réfléchissant sur les bornes de leur autorité, ils comprennent qu'ils ne peuvent rien contre celui par lequel ils peuvent tout. Qu'il essaye, en effet, cet empereur en démence, de déclarer la guerre au ciel, de le traîner captif à son char de triomphe, de mettre garnison dans le ciel, de rendre le ciel tributaire. Impuissante rêverie ! Il n'est grand qu'autant qu'il reconnaît son maître dans le ciel. Il appartient, lui aussi, au Dieu de qui relèvent le ciel et toutes les créatures. C'est par ce Dieu qu'il est empereur, et qu'avant d'être empereur il est homme. Il tient sa couronne du Dieu dont il a reçu la vie. Les yeux levés au ciel, les mains étendues parce qu'elles sont pures, la tête nue parce que nous n'avons à rougir de rien, sans formules dictées à l'avance parce que chez nous c'est le cœur qui prie, nous demandons tous pour les empereurs, quels qu'ils soient, une longue vie, un règne tranquille, la sûreté dans leurs palais, la valeur dans les armées, la fidélité dans le sénat, la vertu dans le peuple, la paix dans le monde, enfin tout ce qu'un homme, tout ce qu'un prince peut ambitionner *. »