‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 68 sur 211 · Cœlo toiiantem credidimus Jovem · texte numérisé non relu

Cœlo toiiantem credidimus Jovem

Regnare ; praesens diviis habebitur

Augustus » (L. m, Ode^ 5.)

« etalteris

Te mensis adhibet Deum. (L. iv, Ode 18, — Jt., L i, Ode 3,)

128 l*apologiî:ti(iue.

seul trait de l'abaissement des esprits au moment où le christianisme venait enseigner aux peuples la vraie notion du pouvoir. Quelques années plus tard, il est vrai, le poète stoïcien se vengera de sa disgrâce en déclamant contre le dieu auquel il avait jadis consacré sa muse. « Les guerres civiles, dira-t-il alors, nous ont donné de nouveaux dieux; elles ont remis la foudre à des mains mortelles, couronné d'étoiles et de rayons des têtes humaines. Rome, dans ses temples, jure par de vaines ombres*. » Mais ce revirement d'idées n'est qu'un effet de la rancune et n'atteste que davantage l'absence des convictions religieuses de ces âmes tonjours prêtes à renier le lendemain ce qu'elles adoraient la veille. Pourquoi des hommes auxquels on répétait tous les jours et sur tous les tons qu'ils étaient dieux n'auraient-ils pas fini par le croire? La plupart d'entre eux pouvaient sou* tenir, sans trop de désavantage, le parallèle avec les dieux de l'Olympe, qui ne leur cédaient ni en crimes ni en turpitudes. Je comprends que Néron, voyant la première assemblée du monde lui décerner des autels comme à un être élevé au-dessus de toute grandeur humaine*, se soit résigné à prendre sa divinité au sérieux, et qu'il ait pu dire un jour sans rire : « Les poissons me rapporteront bien tels objets précieux enlevés par un naufrage. » Ces basses impiétés répétées sans cesse par mille bouches devaient produire leur fruit. Il était réservé à la parole évangélique de briser cette deraière idole du paganisme en remettant les hommes et les choses à leur place. Nous venons d'entendre Lucain divinisant Néron; écoutons Tertullien relevant d'autant plus ladi-

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