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LE ClUME DE LÈSE-MAJESTÉ. !29
gnité de Teriipereur qu'il l'abaisse au-dessous de Dieu. Il eut été difficile de mieux interpréter la grande parole du Sauveur : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. « Et comment pourrions-nous manquer au respect religieux que nous devons à l'élu de notre Dieu ? Oui, je le dirai hautement, César est à nous plus qu'à personne, car c'est notre Dieu qui Ta établi ce qu'il est. Je puis aussi, mieux qu'un autre, contribuer à sa conservation, non seulement parce que je la demande à Celui qui peut l'accorder, et que je suis dans les conditions nécessaires pour l'obtenir, mais encore parce qu'en abaissant la majesté impériale au-dessous de Dieu, et de Dieu seul, j'intéresse plus sûrement en sa faveur le Dieu auquel je soumets César. Je le fais sujet de Dieu, mais son égal, non. Je n'appellerai pas l'empereur dieu, et parce que je ne sais pas mentir, et parce que je ne veux pas l'insulter: lui-même ne voudra pas s'entendre appeler dieu. Homme, il ne peut que gagner à s'abaisser devant la Divinité. C'est bien assez pour lui de porter le titre d'empereur, titre auguste qui lui vient d'en haut. L'appeler Dieu, c'est lui dénier sa qualité de César ; il ne peut être empereur sans être un homme. Lors même qu'il s'avance avec pompe sur un char triomphal, on a soin de l'avertir qu'il est mortel. Derrière lui est placé un héraut qui crie : Regarde derrière toi, et souviens-toi que tu es homme. Rien de si propre assurément à lui donner une haute idée de sa gloire, que la nécessité de lui rappeler sa condition. Appelez-le Dieu, il descend, parce que ce serait un mensonge ; mais qu'il est mille fois plus grand, quand on l'avertit de ne pas se croire un dieu * I »