‹ Tertullien (volume 3)Chapitre 74 sur 211 · Consolation d Polybe, xxxi, xxxii · texte numérisé non relu

Consolation d Polybe, xxxi, xxxii

ia(5 L'APOLOGÉTIQUE.

(|u*il venait de déifier. C'est qu'il lui manquait cette grande chose que nous appelons le respect, et que le christianisme allait enseigner aux peuples. Car le respect n'exclut pas moins l'adulation que l'insulte : c'est un mélange de déférence et de dignité que produit dans l'àme la vraie notion du pouvoir. On ne respecte bien les autres que lorsqu'on sait se respecter soi-même; et une soumission sans dignité n'honore pas plus celui qui la reçoit que celui qui la rend. En proclamant que tout pouvoir vient de Dieu, le christianisme relève Tobéissance par le principe auquel il la fait remonter, tandis que, d'autre part, il donne à l'autorité le caractère d'un service public, en la constituant à l'image de celui qui n'est pas venu pour être servi, mais pour servir. Il consacre la puissance des princes et ennoblit la soumission des peuples. Ni factieux, ni serviles, telle était la devise des premiers chrétiens. En y restant fidèles, les martyrs sur leurs bûchers, et les apologistes dans leurs discours, annonçaient cette grande école du respect à laquelle devaient se former les nations chrétiennes. Le sacrifice des uns et l'éloquence des autres contribuaient également à restaurer dans les âmes la vraie notion du pouvoir, en apprenant aux souverains à commander sans orgueil, et aux peuples à obéir sans bassesse.

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