Allusion à l'assassinat de Domitien
eux ? Quels vestibules brillaient avec plus d'éclat sous le feu des illuminations ? Ne couvraient-ils pas le forum de lits splendides ? Était-ce pour prendre leur part de la joie générale ? Loin d'eux ce dessein I lïs murmuraient des vœux coupables à l'ombre d'une solennité étrangère ; et, substituant un nouveau prince à celui dont ils tramaient la perte, ils consacraient au fond de leur cœur l'image de leurs espérances *. »
Tertullien conclut de ces faits, dont personne ne pouvait révoquer en doute l'authenticité, que les démonstrations exté' rieures ne sont pas toujours une marque de fidélité, et que les chrétiens, tout en refusant de prendre part à des divertissements qui répugnaient à leur conscience, offraient au pouvoir une garantie de dévouement bien autrement sûre. C'était là, en effet, une réplique victorieuse, et Tattitude des chrétiens au milieu des factions qui déchiraient l'empire aurait dû suffire pour vaincre les préventions les plus enracinées. Malgré les persécutions dont ils étaient l'objet, ils restaient inébranlables dans leur soumission à l'empereur, ne donnant de gage à aucun parti, repoussant toute offre qui les eût fait dévier de la ligne du devoir. Et cependant, s'ils avaient voulu se venger de leurs oppresseurs, ils eussent été en nombre pour le faire : leur abstention seule ou leur isolement des affaires aurait suffi pour créer à TÉtat les plus graves embarras. Voilà ce qu'établit l'éloquent écrivain, afin de prouver aux Césars qu'ils n'avaient rien à craindre de ceux qu'on accusait si injustement du crime de lèse-majesté.
« Vous-mêmes, dit-il aux païens, je vous établis juges.